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Affaire Gaoual : Silence inquiétant du président de l’Assemblée Nationale

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L’honorable Ousmane Gaoual Diallo, député uninominal de Gaoual est détenu à l’escadron mobile N°3 depuis le mardi 02 aout 2016 après plusieurs heures d’audition. Déjà trois nuits de garde à vue pour ‘’outrage au chef de l’Etat’’.

Le député a été convoqué suite à des propos tenus le samedi 30 juillet lors d’une Assemblée Générale de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) où il appelait ses militants à réagir coup pour coup en cas de violence de la part du pouvoir.  Ousmane Gaoual s’en était pris à d’autres barrons du RPG arc en ciel dont Malick Sankhon, Bantam Sow et Hady barry.

Depuis plusieurs voix, partisanes ou neutres s’élèvent pour dénoncer l’arrestation du député dont l’immunité parlementaire n’a pas été levée avant son arrestation.

Au grand dam de tous, le Président de l’Assemblée Nationale Claude Kory Koundiano n’a pas encore bronché un seul mot sur cette affaire. Ce silence inquiète plus d’un.

Quelques réactions à l’arrestation d’Ousmane Gaoual

Mouctar Diallo, député de l’UFG exige la libération immédiate de son collègue Ousmane Gaoual. « L’arrestation du député Ousmane Gaoual Diallo est illégale et injuste », a til dit sur sa page facebook.

Selon Mouctar Diallo, les lois de la République sont violées de façon récurrente par  le président Alpha Condé est son camp.

 « Les pires sapeurs des Institutions de la République, les plus grands promoteurs de la haine, de la division. Donc les premiers ennemis, de la paix, de la Nation et de la République », relate le député, tout en lançant le slogan :  »Libérez Ousmane Gaoual Diallo immédiatement ! ».

 

Mohamed Camara, juriste

 « Les propos du député Ousmane Gaoual sont condamnables parce que pénalement répréhensibles. Immunité parlementaire ne veut pas dire impunité parlementaire…Mais dans cette affaire la procédure n’a pas été respectée. Etant donné qu’en Droit la forme commande le fond, si la procédure n’est pas respectée, ça fragilise la procédure. Pour qu’un député puisse être arrêté, il faudrait toujours il faut d’abord lever  l’immunité parlementaire, s’il n’est pas pris en flagrant délit. Or, le flagrant délit se traduit par la concomitance du temps. Et, les propos de l’honorable Ousmane Gaoual ne peuvent pas être tenus le samedi 30 juillet et on attend le mardi 02 août pour le faire. Donc, il fallait d’abord demander au bureau de l’assemblée nationale de lever son immunité parlementaire, conformément à l’article 65 de la Constitution avant qu’il ne soit convoqué même au commissariat pour répondre à quoi que ce soit, puisqu’il ne s’agit pas de flagrant délit » a déclaré Mohamed Camara à guineematin.

Baidy Aribot, député de l’Union des Forces Républicaines

 « C’est vraiment grave, il ne faut pas qu’on traite les députés comme des vulgaires bandits. Quel que soit ce qu’Ousmane Gaoual a pu dire, c’est tout de même quelqu’un qui a une immunité. On lui en veut pace qu’il a dit des choses, mais il n’est pas le seul à tenir des propos graves sur la scène politique nationale. Certes, on peut lui reprocher des écarts de langages. Mais, il y a aussi des gens du pouvoir qui tiennent des propos aussi graves que lui. Mais, moi ce que je veux dans tout ça, c’est le respect de la loi dit au sujets des députés, je suis républicain, moi. Ceux qui sont derrière ça ne veulent pas vraiment que le pays retrouve la tranquillité… », a déclaré le député uninominal de Kaloum en répondant à nos confrères de guineematin.

Pépé Dorota

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