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Cité Tripano de N’Zérékoré : les occupants sommés de quitter avant le 19 juin 2018

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vu d'interieur de la gare routière de n'zérékoré

Les autorités préfectorales demandent aux habitants de la cité tripano dans le quartier Mohomou, de quitter les lieux d’ici un mois. Selon les informations, cette cité sera utilisée pour la construction des logements dans le cadre du projet d’appui à la santé (PASA) a appris surplace Lecourrierdeconakry.com.

Cette décision est mal accueillie par les habitants de la cité Tripano. Le préavis de trois mois qui leur a été donné, court jusqu’au 19 juin prochain. Ces occupants qui sont pour la plupart des enfants d’anciens fonctionnaires de la santé ne cachent pas les inquiétudes.

« Je n’ai pas où aller avec ma famille. J’ai mes jeunes frères plus ma femme. On n’a pas de moyen. Le préavis qu’ils ont donné est là avec nous mais vous-mêmes, vous le savez, déloger quelqu’un en Guinée dans la période hivernale combien de fois c’est difficile de trouver un logement » se lamente Ibrahiama Keita.

Certains parmi eux disent que leur habitation leur a été octroyée par l’État de puis 1993 à travers un décret présidentiel. Ils réclament donc la paternité.

« Il y a eu ce décret signé par le président feu général Lansana Conté demandant d’octroyer ces vieux bâtiments aux fonctionnaires qui occupé ces lieux pendant au moins 30 ans »  témoigne le vieux Honoré Komano, apparemment désespéré.

« Moi j’ai hérité la maison là de mon beau père qui a servi ici pendant 33 ans. Et à l’époque, le prix avait été progressivement retiré sur son salaire » renchérit Mariama Kesso Bah.

Interpellé, le préfet Sory Sanoh a balayé ces informations d’un revers de la main tout en demandant aux occupants de quitter les lieux dans le  délai.

« Moi je n’ai reçu aucun document d’attribution d’une quelconque parcelle de terrain à ceux dont les parents étaient là-bas. Ils sont conscients que le terrain n’appartient pas à leurs familles. Avant qu’on arrive à une situation regrettable, moi je leur demande de respecter le délai du 19 juin prochain »  a-t-il prévenu

Reste à savoir si ces menaces feront fléchir ces occupants qui ne semblent pas vouloir quitter les lieux.

Mamady 2 Camara, correspondant à N’Zérékoré

 

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