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Danses populaires à Conakry : Tapages nocturnes ou défiance des pouvoirs publics ?

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C’est dans une indifférence totale des chefs de famille et des responsables locaux que des jeunes de Conakry se donnent la liberté de barricader les rues actuellement pour organiser nuitamment des danses folkloriques.

Ces danses, qu’ils appellent communément ‘’Faré Gnakhi’’ (entendez la danse indécente), ont lieu souvent à la fin mois : A tour de rôle, un membre du club reçoit la fin du mois ses collègues et ses amis pour une fête de réjouissance.

Si l’idée de s’intégrer à un mouvement associatif est de nature viable, le comportement qui incarne celle que ces jeunes l’impriment en ce moment ne semble plus relever de la bonne conduite face à la propension de la pagaille qui enveloppe leurs retrouvailles ; ériger des hauts parleurs, les régler à des DB hors normes, au motif d’une jouvence synonyme de tintamarre qui met tout le voisinage mal à l’aise. Ces scènes se déroulent tard la nuit dans nos quartiers, faisant fi de toutes les règles  d’éthiques et de libertés publiques.

En donnant raison à celui qui a pensé qu’un peuple qui ne rit pas et qui ne danse pas est un peuple malheureux, il faut rappeler que la manière pour un peuple de rire ou de danser peut aussi être porteuse de message de cruelle raillerie ou de défiance de ceux qui le gouvernent.

Au regard du libertinage que s’offrent les jeunes de Conakry aux travers des cérémonies culturelles (danses populaires, football de rue…) on est enclin de tirer la conclusion d’une revendication voilée.

Une prétendue revendication qui se résume par une sorte de rupture de confiance entre la mission de bien éduquer et le désir de réussite dans l’avenir. Visiblement, on assiste à un vœu d’impuissance des aînés, lorsque nous prenons en compte l’indifférence dont ils font preuve, mais également à une attitude de désobéissance de ces jeunes à toutes autorités depuis belle lurette.

Pour les esprits alertes, ce phénomène ne devrait pas favoriser l’immersion de la politique de l’autruche, mais plutôt conduire à des recherches de solutions pour couper le mal à la racine. Car, les conséquences dans l’avenir ne pourraient qu’être fâcheuses pour une Nation qui ne peut reposer son espoir que sur une jeunesse bien formée.

 

Par Alpha Kabinet Doumbouya (AGP)

 

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