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Divagation des animaux à Labé : un phénomène de plus en plus préoccupant

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La divagation des animaux est  un phénomène qui impacte la sécurité routière des villes et aussi la quiétude des citoyens.  A Labé les animaux domestiques  circulent et s’attroupent n’importe où et n’importe comment en plein centre-ville de la commune urbaine. Ce laissé aller relance à nouveau l’éternel débat sur la divagation des animaux dans la cité de Karamoko Alpha. Sur la question, le service préfectoral de l’élevage accuse, la mairie et les éleveurs récusent.

Des bovins, ovins, caprins et des volailles non suivi par les éleveurs causent d’énormes dégâts en cette saison culturale à Labé.

Les axes routiers, les services publics et même les concessions et espaces privés ne sont pas épargnés par cette divagation anarchique et intempestive des bêtes qui dérangent plus d’une personne. Parfois les animaux aussi subissent les conséquences de cet élevage non encadré car ils sont parfois victimes d’accidents mortels.

Fort de ce constat, Docteur Mamadou Khalif Diallo, le directeur préfectoral adjoint de l’élevage à Labé rappelle ici les règles et principes de l’élevage : « le code de l’élevage est clair dans l’élevage des animaux parce que tout élevage a un objectif. Celui qui élève un poulet à son objectif à la fin de l’élevage, celui qui élève un bovin, un ovin, un caprin, un âne, un cheval, … y a le pourquoi il a élevé cet animal. Donc, quiconque élève à la charge d’encadrer son animal. Dans l’encadrement, il doit le nourrir, il doit le trouver un logement décent et il doit le soigner. Face maintenant à la divagation des animaux, le code de l’élevage est clair là-dessus, quiconque élève un animal à la responsabilité de ce troupeau ou s’il confie son animal à une tierse personne, cette tierse personne à laquelle les animaux sont confiés à la responsabilité morale et civile face aux dégâts causés par les animaux » rappelle-t-il.

Selon lui le fait de retrouver les animaux un peu partout dans la ville est dû à ce qu’on peut qualifier d’élevage extensif et en principe ça ne doit pas se faire.

« Si vous élevez, vous devez trouver un bouvier, vous construisez un parc où mettre vos animaux toute la nuit. Le lendemain vous les conduisez au pâturage, vous les suivez pour éviter qu’ils ne causent des dégâts à une tierce personne tels que les planteurs, les éleveurs, … et éviter qu’ils ne fassent des accidents dans la circulation ainsi de suite. Si vous élevez les bovins, vous devez construire un parc, si vous élevez les caprins vous devez construire une bergerie, si vous élevez des volatils vous devez construire un hangar pour les loger. C’est ça le principe » ajoute le cadre du service de l’élevage de Labé.

Aucune mesure n’est en vigueur pour sensibiliser les éleveurs sur ses désagréments  provoqués par leurs animaux. Une responsabilité partagée donc entre éleveurs et décideurs locaux.

Sur la question, El Hadj Mamadou Cellou Daka Diallo, le président de la délégation spéciale de Labé ne manque pas d’argument: « on a bien pris nos dispositions car j’ai fait passer des communiqués, j’ai convoqué tous les chefs des 28 quartiers de Labé, j’ai haussé le ton, j’ai menacé mais ça ne va toujours pas. Au fait, y a pas ou mettre les animaux en ville et moi je n’ai pas de fouet pour pourchasser les gens » réplique le président de la délégation communale spéciale de Labé.

Sous couvert de l’anonymat, un éleveur rencontré estime que c’est malgré eux que ces bêtes prennent d’assaut les carrefours et beaucoup d’axes routiers. Selon lui très souvent les animaux refusent de rejoindre les parcs. L’autre souci souligné par notre interlocuteur est le fait que la ville de Labé s’est agrandi et qu’il n’y a plus de pâturage.

La divagation des animaux reste encore une équation à résoudre  dans la capitale du foutah Djallon, reconnue comme une grande zone d’élevage.

Il ne serait pas du tout inutile de mettre en place des mesures dissuasives comme le paiement d’amende pour sensibiliser les propriétaires aux dangers que courent les usagers pendant la circulation routière.

Bah Djenabou Labé, pour lecourrierdeconakry.com

 

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