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« Il faut regrouper les organisations féminines au sein d’un conseil » Dixit l’honorable Aissata Daffé

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L’Honorable Hadja Aissata Daffé, député à l’assemblée nationale, député au parlement de la CEDEAO, représentante nationale des femmes de l’UFR milite aujourd’hui pour la mise en place d’une Conseil National des Femmes de Guinée. Elle a accordé un entretien à notre rédaction à ce sujet.  Elle a parlé entre autres de la mise en place de ce conseil, les nouvelles adhésions, la question de polygamie, etc. Lisez plutôt !

Lecourrierdeconakry.com : vous avez évoqué lors de la dernière Assemblé générale de l’UFR, vous avez évoqué la mise en place d’un conseil guinéen des femmes. En suivant votre démarche, quel sera la composition de ce conseil ?

Honorable Hadja Aissata Daffé : En fait ce conseil est un cadre d’appui pour la promotion des structures de femme. Nous savons que c’est une structure qui existe au Sénégal depuis 1994 et la première assemblée constitutive a été faite en 1995. Donc vous imaginez, depuis ce temps-là le Sénégal a mis le conseil en place. Vous demandez comment va être composé le conseil, le conseil est  à l’image du conseil national des jeunes. Vous avez vu qu’il y avait un premier conseil qui avait été mis en place. Dans ce conseil-là, pratiquement les jeunes des parties politiques étaient exclus. Donc à  notre tour, le conseil qui doit être mis en place, doit renfermer toutes les structures des femmes. On a déjà un cadre qui regroupe les femmes, par exemple les partis politiques, le cadre de concertation des filles et femmes des partis politique. Nous avons d’autres de la société civile comme COFFIG, il y a la CONAG DCF qui est une structure qui s’occupe des problèmes des femmes. Nous en avons plein comme ça. Mais il faut regrouper tout ça là en une seule structure qu’on appellera le conseil national des femmes de Guinée. Donc c’est comme ça quel sera composé. Tout ce qui est représentation des femmes dans notre pays doit se retrouver dans ce conseil.

Vu la pléthore des organisations de femmes, pensez-vous que toutes ces organisations pourront elle adhérer à cette idée ?

Honorable Hadja Aissata Daffé : Je suis sure qu’elles vont adhérer parce que c’est un problème qui a été déjà débattu depuis 2007  et les organisations citées ci haut  étaient là. Les premières réunions se faisaient au niveau de la Banque Centrale. Vous savez entre les femmes il y a un problème de leadership, chacune va dire qu’il faut que ce soit moi qui dirige.  Elles vous diront je suis déjà sur le terrain depuis tel nombre d’année. Mais il faut qu’on s’entende. Si on n’a pas ce cadre pour nous permettre de parler de la femme ça sera un peu difficile. Les jeunes arrivent à le faire, mais pourquoi pas nous, nous qui sommes les mamans ? il faudrait bien qu’on le fasse aussi à l’image des autres pays. La Guinée a besoin de ça aujourd’hui pour pouvoir défendre. Le Sénégal a voté la loi sur la parité. Le CONCEF a beaucoup fait pour arriver elle est  aujourd’hui. Et dans ce conseil on s’exprime en français comme en wolof. Il n’est pas dit forcement que celles qui sont  intellectuelles doivent tout faire. On peut aller prendre l’association des mareyeuses et les faire venir parce qu’elles parlent de quelque chose, elles ont des problèmes. Donc ce conseil peut aller défendre ça. En fait c’est ce qui est à réaliser.

L’autre sujet qui a occupé l’actualité ces derniers temps, c’est aussi la question de la polygamie en Guinée. Quel est l’avis de l’honorable Daffé ?

Honorable Hadja Aissata Daffé : Vous savez au temps de feu Hamed Sékou Touré la polygamie était pratiquement interdite. Mais elle se pratiquait sous certaines conditions, par exemple un homme quand tu veux te remarier, il faut que la première femme donne son accord et c’était comme ça. Il pouvait y avoir parfois que l’homme avec sa première femme n’arrivent pas à procréer, et l’homme peut essayer de convaincre sa femme afin de le laisser épouser une deuxième femme. Parce que chez nous quand il n’y a pas d’enfant dans une famille on accuse souvent la femme alors qu’il  n’est pas forcement dit que la faute dépend de la femme. C’est parce que les examens prénuptiaux que nous devons faire ne sont pas bien fait. Donc il y avait ces dérogations. Aujourd’hui, nous avons le code civil révisé qui est sur notre table, mais qui est reporté pour la prochaine session.  Il y a eu des rencontres un comité avec beaucoup d’ONG qui sont venus rencontrer les femmes parlementaires de Guinée. Nous en avons discuté amplement et nous  avons donné notre avis.

En fait, ce problème joue sur nos plans. S’il y a un plan culturel de nos coutumes, mœurs qui jouent beaucoup sur nous, même si tu dis aujourd’hui la polygamie est interdite, vous verrez que d’autres vont le pratiquer. Alors d’autres disent quelques part, comme c’est déjà pratiqué pourquoi ne pas légaliser cette polygamie. Il y a discussion à ce niveau encore. Personnellement, je ne suis pas pour la polygamie, je suis né dans une famille polygame, ma maman fut la première femme, mais après il y a eu trois autres, Dieu merci moi je ne connais pas ça pour le moment. Et je crois qu’il arrive parfois dans un couple quand il y a l’entente les enfants sont là, ils sont grand, une autre vient troubler cela, ça crée des problèmes. Et souvent la polygamie a des conséquences chez nous dans les familles. C’est encore sur la table et je crois nous auront tout le temps d’en discuter.

Interview réalisée par Nantènin Traoré   

 

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