Qui est Sidigbè Condé, rédactrice en chef de la Radio Parlementaire ?

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A 31 ans, elle est l’une des rares rédactrices en chef en Guinée. Diplômée de l’ISIC de Kountia, elle a fait ses premières armes à la radio Soeleil FM. Sidigbè Condé, rédactrice en chef de la radio parlementaire est une manager normale qui prend son travaille très au sérieux ; ce qui lui vaut respect et admiration.

Sidigbè Condé, lauréates du Prix Hadiatou Sow en 2018 est une journaliste confirmée. « A ma sortie en 2010, j’ai bénéficié de mon premier stage pratique à la Radio Soleil FM, où j’ai fini par être engagée de 2010 à 2015 en tant que journaliste reporter, présentatrice, animatrice d’émissions et cheffe des reporters, puis cheffe d’éditions. Après ces 5 années à la radio soleil FM, j’ai aussi eu la chance, pendant l’épidémie d’Ebola, de travailler pour une organisation internationale humanitaire dénommée INTERNEWS, financée par l’USAID. Son but était de communiquer sur la maladie Ebola. Notre équipe constituée de jeunes très dynamiques a permis d’informer en un temps record la population sur cette épidémie qui faisait peur. Donc pendant 15 mois nous avons travaillé au sein de cette organisation. C’est après la fin de ce contrat que je me suis retrouvée à l’Assemblée nationale suite à un test au compte de la Radio Parlementaire. A la sortie de nos arrêtés d’engagement, j’ai bénéficié d’une promotion. J’ai été nommée Rédactrice en chef de la première radio institutionnelle de la Guinée ». se raconte la jeune dame.

Ce choix réconforte Sidigbè Condé : « C’est un choix qui me va droit au cœur, une promotion qui me réjouit à plus d’un titre et que j’exerce avec courage et détermination. C’est vrai que les tâches sont énormes, mais rien n’est impossible, même si la plupart les rédacteurs en chef en Guinée sont des hommes, mais les femmes peuvent aussi faire le travail.

«Il suffit seulement d’AVOIR la formation requise, avoir le courage et la détermination et moi je suis passionnée par ce métier»

En plus de sa fonction de Rédactrice en chef, Sidigbè Condé anime également une émission de santé au sein de cette radio parlementaire. Au cours de laquelle, les spécialistes en santé sont invités.

« Effectivement, j’anime l’émission ‘’Santé d’abord’’ à la radio parlementaire. Pour la petite histoire, après l’épidémie d’Ebola, l’organisation INTERNEWS a mis en place une association de journalistes en santé, dont je suis la chargée aux projets. Donc, les membres de cette association traitent des questions de santé au sein de leurs médias respectifs, parce qu’avec l’épidémie d’Ebola on a compris que les populations n’avaient pas des informations liées à la santé.», a-t-elle précisé.

Sidigbè Condé est entourée de plusieurs chefs, tous des hommes, mais elle arrive à s’adapter petit à petit. Elle confie avoir de très bons rapports avec son équipe : « Nos relations sont bonnes, c’est vrai qu’ils sont tous des hommes, je les accepte tels qu’ils sont et j’espère que les années à venir, il y aura d’autres femmes. Il ne faudrait pas que je sois la seule entre ces hommes. En tout cas, nos services sont inter dépendants, donc, nous sommes obligés de collaborer bien pour pouvoir faire un bon travail parce que la radio, c’est un travail d’équipe et c’est l’union qui fait la force. Ce sont ces mêmes rapports qui existent entre  mes collaborateurs et collaboratrices et moi. Dans le cadre professionnel, ma devise c’est la rigueur, l’exigence, le sérieux dans ce que nous faisons.»

Pour Sidigbè Condé, c’est bien possible d’être femme et assumer des postes de responsabilités : « C’est bien possible, parce que moi je suis une femme et je le fais et il y a eu des femmes plus âgées que moi, plus expérimentées que moi qui l’ont fait, qui continuent à faire leurs preuves. Tout est question de dévouement, d’engagement et de volonté. »

La solidarité entre femme, une arme

Elle a saisi l’occasion pour lancer un appel pressant à l’endroit des femmes   : J’appelle mes consœurs, mes mères, mes sœurs, mes tantes à plus de solidarité entre nous. Car, il y a ce manque de solidarité entre nous. Je les invite donc à se donner la main, à s’accompagner, à s’accepter et surtout à faire notre promotion nous-mêmes. En plus de cela, pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixé, j’invite les femmes à se former, à se remettre en cause, on n’aura pas tout dans un plateau d’Or. »

Sidigbè Condé, une manager rigoureuse

Parmi les collaborateurs de Sidigbè Condé se trouve son homme de confiance, celui qui la remplace en cas de forces majeures, il s’appelle Boubacar Koyla Diallo, chef des reporters à la radio parlementaire, mais également condisciple de la jeune dame à l’université. Il témoigne : « … Sidigbè Condé assure très bien sa mission et nous aussi nous l’accompagnons conséquemment. Je la trouve très très rigoureuse sur les principes, ce qui est normal d’ailleurs ; lorsqu’il s’agit du travail, lorsqu’il s’agit du sérieux, je reconnais qu’elle est dans cet esprit-là, car les femmes ont peur de l’échec, les femmes ont peur des blâmes, elles ont peur des reproches. Donc, je la vois fournir assez d’efforts pour ne pas être beaucoup plus « réprimandée »

Pour sa part, l’un des encadreurs au sein de cette radio parlementaire, professeur d’universités et plein d’expérience en radio, le Doyen Odilon Théa, dit tout simplement que Sidigbè Condé l’a impressionné de par sa façon de travailler : « La collaboration avec Sidigbè Condé est très franche, c’est une fille qui est à la hauteur de sa tâche. D’abord, elle est plein d’humanisme, ensuite, elle a un background assez intéressant, c’est-à-dire une culture générale qui en dit long. C’est une fille aussi qui a de la rigueur à la rédaction, elle est très très ferme dans ce qu’elle dit… Elle a raison parce qu’il faut qu’elle soit un peu rigoureuse avec notre radio qui est une radio institutionnelle, où il ne faut pas laisser les choses n’importe comment. Et moi, je la soutiens pour ça. Elle fait preuve d’intelligence et a un discernement assez remarquable. Elle nous consulte très souvent en tant qu’encadreurs, mon collègue et moi, pour des sujets de reportages proposés au sein de la rédaction. En ce qui concerne le travail, elle n’hésite pas de venir nous voir pour des consultations régulières. En Guinée, c’est rare de voir des filles rédactrices en chef même dans les radios privées. Mais, elle arrive à s’en sortir. »

Justine Tonguino, journaliste et animatrice d’émissions fait partir de son équipe. Elle soutient sa consœur malgré les tumultes des conseils de rédaction : « Je peux vous rassurer que nous avons une collaboration parfaite avec notre rédactrice en chef.  Elle est très rigoureuse, il faut le reconnaître. Moi, elle m’a sanctionné. Au cours de cette sanction, je devais présenter le flash pendant une semaine. Je trouve normal dans une rédaction qu’il faut y avoir des côtés opposés afin de trouver un consensus sur des sujets à polémiques. »

Oumar M’boh

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