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Sages-femmes: Elles sont 401 pour un besoin de 2126 en Guinée

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L’un des axes pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD) en 2030 est la santé maternelle et infantile. C’est pourquoi l’association des sages-femmes de Guinée estime qu’il faut accélérer la cadence pour palier au déficit de sage-femme en Guinée.

« Il sera hypothétique de réaliser ses ODD en matière de santé, avec le déficit persistant de sage-femme. L’inégale répartition géographique,  l’insuffisance de la qualité de formation et surtout l’absence d’un cadre réglementaire de leur profession non résolue ».  a déclaré Mme Adama Mania Condé, présidente de l’association des sages-femmes de Guinée.

Selon l’UNFPA, 11 femmes meurent suite à des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement en Guinée. Le taux de mortalité maternelle est estimé à 724 décès pour 100 mille naissances du ventre et le taux de mortalité néo-natale est de 34 pour mille naissances du ventre.

Un taux élevés de mortalité maternelle et néo-natale dues, entre autres aux faibles taux d’accouchement assistés qui est de 49% en Guinée, au faible taux de prévalence contraceptive estimé à 6% et au nombre insuffisant de sages-femmes déployés dans les structures de santé surtout dans les zones rurales.

«  Il a été démontré que si elles étaient déployées en plus grands nombre, des sages-femmes qualifiées pourraient prévenir environs les deux tiers de ces décès. La Guinée a besoin de 2126 alors qu’elle ne dispose que de 401, selon le rapport mondial de la pratique de la sage-femme en 2014. » a indiqué M. Aboubacar Cissé, représentant du Fond des Nations Unis pour la Population (UNFPA) en Guinée.

Pour lui, cette célébration constitue une opportunité pour l’UNFPA, de saluer la contribution des sages-femmes à la préservation de la vie des femmes, des adolescents et des nouveaux nés ceci parfois dans des circonstances extrêmement difficiles liés à des situations d’urgence sanitaire.

En célébrant le 12 juillet dernier, la journée internationale des sages-femmes en différée, L’association des sages-femmes de Guinée s’est penché sur le thème ‘’Femme et nouveau nés au cœur de la pratique sage-femme’’.

« La sage-femme a  un rôle important à jouer dans la lutte contre la mortalité maternelle et néo-natale, elle doit contribuer activement à la marche vers l’atteinte des objectif de développement durable (ODD). C’est pourquoi elle est célébré chaque fin mai de l’année ». A dit la présidente de l’association des sages-femmes de Guinée, Mme Adama Manian Condé

Selon elle, cette célébration en différé est une occasion de faire le bilan des réalisations, d’identifier les défis et de dresser les perspectives.

  « L’implication de la sage-femme pour la gratuité de la césarienne n’est pas fortuite. Nous sommes des sages-femmes, mais aussi des épouses, des mères, etc., donc comme tout le monde nous avons été confronté aux difficultés rencontrés par tous ceux qui ont de modestes moyens d’accéder à des soins de qualité, de se soigner et soigner un tiers », a-t-elle lancé.

A noter qu’au cours des 25 dernières années, le nombre de décès maternel a baissé de moitié à travers le monde. Toutes fois, 300 mille femmes meurent chaque année en donnant naissance ou au cours de  la grossesse. Et près de 3 millions de bébé ne dépassent pas leurs 4 premières semaines d’existence.

Plaidoyer pour la création de l’ordre

« Nous sollicitons auprès des autorités, à l’instar des autres pays, l’élaboration et la promulgation de la loi autorisant la mise en place de l’ordre des sages-femmes ».

L’association des sages-femmes de Guinée plaide pour meilleure structuration de la corporation. La promotion et l’ordre des services de planification familiale dans les 33 préfectures de la Guinée et de la ville de Conakry selon elle contribueront à l’amélioration de la santé maternelle et infantile.

Pour Adama Mania Condé, l’outil permettra de renforcer les multiples efforts qui sont en train d’être réalisé en termes de santé maternelle et infantile. Il sera un levier pour améliorer la formation initiale et continue dont les quatre piliers sont : la disponibilité, l’accessibilité, l’acceptabilité et la qualité.

Nantènin Traoré        

 

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