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Vie quotidienne : Le train-train difficile des guinéennes

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Comme dans la plupart des pays africains, le chômage est  chronique en Guinée parce qu’il frôle les 50%. Dans les ménages, les hommes déclaré par le code civil ‘’chef de ménage’’ tirent le diable par la queue. Ils sont parfois sans emploi ou mal rémunérés. Une situation qui ne leur permet pas de subvenir aux besoins fondamentaux de la famille.

Dans ces ménages, les épouses essayent de prendre le relais. Elles se substituent parfois à leurs époux dans le train-train quotidien.  Elles entreprennent souvent des activités génératrices de revenus parfois pas sans risque.

Elle se décrit comme une marchande, Hawa Soumah se réveille au premier chant du coq.

 «Je vends des fruits au marché de Matoto. Mais je me lève chaque matin à cinq heures précises pour pouvoir m’approvisionner  des fruits de bonne qualité  chez le grossiste. De là, je me dirige directement vers ma place pour vite faire écouler  mes marchandises. Après quoi, je tire la popote quotidienne et ce n’est que le soir dans les environs de 17 heures que je pourrais faire bouillir la marmite», narre dame Soumah

Selon elle, son mari est au chômage depuis plusieurs années. C’est pourquoi Hawa Soumah supporte les charges de son ménage avec cinq enfants qui vont tous à l’école.

« Il me faut également faire face aux frais de scolarité de mes enfants qui sont tous inscrits dans les écoles privées afin de leur assurer une bonne formation», précise-t-elle.         

Mariam Diallo, vendeuse de poissons frais rencontrée au marché de Bonfi  n’échappe pas à la règle.

«Le plus souvent c’est dans la soirée qu’on revend du bon poisson, parce que ce n’est que  vers 18 heures que la pirogue débarque  la marchandise. Donc, on n’est obligée de revendre  dans la même soirée pour ne pas que le poisson pourrisse. Nous ne disposons pas de frigo pour les conserver. Dès fois on reste ici jusqu’à 21heures et du coup, on est exposé à l’insécurité galopante», explique Mme Diallo.

 Parlant d’insécurité, notre interlocutrice rappelle la mort dans l’âme, le cas de viol  d’une pauvre  vendeuse de condiments. «Il y a quelques  mois de cela, une de nos camarades s’est fait dépouillée de tous ses biens par des bandits qui l’ont ensuite  violée. Elle se rendait matinalement chercher  des marchandises pour revenir ensuite les vendre », témoignent-elle attristée.

La rareté de l’eau dans les robinets au château d’eau  d’Afrique de l’Ouest (ndlr : La Guinée)  constitue un autre pan  de la souffrance qu’endurent les Guinéennes.

Là, également elles ne doivent pas trop paresser dans le lit au risque de se retrouver le matin sans la moindre goutte d’eau dans les sceaux.

«Nous souffrons beaucoup avec le problème d’eau qui perdure en Guinée. Le robinet reste à sec toute la journée et toute la moitié de la nuit. C’est dans les environs de 3heures du matin que l’eau commence à couler des robinets des voisins pour s’interrompre avant 7heures. Donc, nous nous apprêtons à  5 heures et nous formons une file indienne pour n’être servie qu’ une heure plus tard pour quelques bidons», raconte Mme Madoussou Konaté, établie au quartier Hamdallaye-pharmacie.

 

Nantènin Traoré      

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