Le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) s’est joint aux nombreuses voix qui s’élèvent pour dénoncer l’enlèvement de Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée. Enlevé devant sa famille par des hommes encagoulés dans la nuit du 20 au 21 juin 2025, Maître Traoré aurait été séquestré, violenté et menacé de mort avant d’être abandonné dans la localité de Bangouyah, préfecture de Coyah. Un acte d’une extrême gravité qui a soulevé l’indignation de nombreux acteurs sociaux et politiques, en Guinée comme à l’étranger.
En réaction à cette agression, une délégation du SPPG, conduite par son secrétaire général, Sékou Jamal Pendessa, s’est rendue ce mardi 24 juin 2025 au siège du Barreau de Guinée. Objectif : manifester la solidarité de la presse nationale à l’endroit de la victime et de l’ensemble des avocats. « Nous sommes venus ce matin apporter notre soutien au Barreau de Guinée, lui exprimer notre solidarité, celle de toute la presse guinéenne, par rapport à ce qui est arrivé au bâtonnier, maître Mohamed Traoré », a déclaré le secrétaire général du SPPG. Et d’ajouter : « Nous disons qu’un avocat ne mérite pas un tel traitement. Parce qu’un avocat est une lumière qu’on ne doit pas chercher à éteindre. Le Barreau ne mérite pas non plus un tel traitement, car il représente un pilier de la démocratie et de l’État de droit. Et même lorsque tout le monde choisira de se taire, le Barreau, à travers ses avocats, devra continuer à s’exprimer. Les audiences ne doivent jamais s’arrêter dans la marche d’une nation. Donc, les avocats ne cesseront jamais de parler. »
Des propos salués par Me Faya Gabriel Kamano, bâtonnier par intérim, qui a exprimé la gratitude du Barreau envers le SPPG pour cette démarche fraternelle et solidaire. Selon lui, cette visite s’inscrit dans la continuité des luttes communes pour la démocratie en Guinée. « Nous savons que, malgré quelques divergences passagères entre nous, nous avons toujours poursuivi les mêmes objectifs : la promotion de l’État de droit, le respect des libertés individuelles et la consolidation de la démocratie. »
Il a tenu à rappeler l’importance de la liberté d’expression et du rôle fondamental des avocats et de la presse dans la vie démocratique d’une nation. « Dans un État digne de ce nom, l’État de droit et la démocratie ne peuvent exister sans la liberté de ton des avocats et l’indépendance de la presse, toutes deux indispensables pour dénoncer ce qui ne va pas dans la gestion des affaires publiques. Il ne peut y avoir d’État de droit là où la critique n’est pas permise. En s’attaquant au bâtonnier Traoré, ces individus ont attaqué tout le Barreau de Guinée, mais aussi l’ensemble des avocats à travers le monde. Depuis cet événement, le Barreau et le bâtonnier Traoré ont reçu de nombreux messages de solidarité des barreaux étrangers. »
Enfin, Me Kamano a remercié les journalistes pour leur mobilisation et leur rôle crucial dans la médiatisation de cette affaire. « C’est grâce à vous que nous avons pu être audibles hier, lors de notre Assemblée générale, mais aussi à l’occasion de notre tentative de visite, avortée, chez le Procureur général et le ministre de la Justice, qui ont affiché un mépris inqualifiable à l’égard du Barreau et des avocats. »
Ibrahima Foulamory Bah
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