Dans plusieurs localités de Guinée, l’accès à l’éducation demeure un véritable défi pour les élèves. C’est notamment le cas à Koundian, une sous-préfecture située à 55 km de la ville de Mandiana.
Dans cette zone rurale isolée, les candidats au baccalauréat sont contraints de parcourir de longues distances — plus de 50 km — pour passer leurs examens au centre de Mandiana. Ce déplacement, souvent pénible, complique leur préparation et met à rude épreuve leur moral et leurs conditions physiques.
Famérén Condé, membre de l’Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École (APEAE) de Koundian, accompagne les candidats aux examens depuis près de 30 ans. Il décrit les difficultés rencontrées :
« Depuis une trentaine d’années, j’accompagne les candidats à Mandiana et Kinieran, mais les obstacles restent énormes. Aujourd’hui, les élèves doivent emprunter des motos pour rejoindre leur centre d’examen, ce qui est source d’inquiétude. À leur arrivée, ils sont logés par des familles d’accueil où il faut aussi veiller à ce qu’ils ne rencontrent pas de problèmes. Le logement est souvent insuffisant, et certains élèves n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins. Lors d’un déplacement récent sous la pluie, la route était impraticable, boueuse, rendant le trajet encore plus éprouvant. Nous lançons un appel aux autorités pour qu’un centre d’examen soit installé ici, à Koundian, afin de soulager nos candidats qui souffrent énormément. »
Un appel des autorités locales
Le président de la délégation spéciale de Koundian, Yaya Condé, partage ce constat :
« Nos enfants doivent se déplacer jusqu’à Mandiana pour passer le baccalauréat, ce qui est difficile dans les conditions actuelles. Les parents, malgré les difficultés financières liées au transport et à la nourriture pendant toute une semaine, acceptent ce sacrifice pour l’avenir de leurs enfants. Mais ce n’est pas facile : déplacer une quarantaine d’élèves sur une distance d’environ 45 km est risqué. Nous demandons donc aux autorités de créer un centre d’examen ici, à Koundian, pour réduire ces risques et ces coûts. »
Mory Doumbouya, candidat au baccalauréat, raconte également son vécu :
« Quitter Koundian pour passer le Bac à Mandiana est très compliqué. Nous voyageons à moto, ce qui est dangereux. Nous devons financer nos déplacements nous-mêmes, et plusieurs motos sont tombées en panne lors de notre dernier voyage. À l’arrivée, nous sommes très fatigués, alors que nous devons encore nous lever la nuit pour réviser. Si un centre d’examen pouvait être installé à Koundian, cela serait un grand soulagement pour nous et pour les futurs candidats. »
Des obstacles structurels à l’éducation
Outre les difficultés matérielles, la fatigue mentale liée à ces longs trajets pèse lourdement sur les candidats. Chaque année, des centaines d’élèves issus des zones rurales doivent composer avec une logistique précaire : transports rares, coûteux ou inexistants. Dans de nombreuses régions, les centres d’examen sont concentrés dans les chefs-lieux, obligeant les candidats à s’éloigner de leur foyer souvent sans accompagnement.
À l’heure où le droit à l’éducation pour tous est reconnu, il reste urgent d’améliorer les infrastructures et la répartition des centres d’examen afin que les routes menant au savoir ne soient plus semées d’embûches.
Karifa Doumbouya, correspondant à Kankan








