Après plusieurs semaines de paralysie des activités judiciaires à travers le pays, les avocats guinéens ont annoncé, ce mercredi 16 juillet 2025, la suspension de leur mot d’ordre de grève. Cette décision a été prise au terme d’une assemblée générale extraordinaire du Barreau de Guinée, tenue dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry, précisément dans le tribunal ad hoc qui abrite le procès historique des événements du 28 septembre 2009.
Le mouvement de grève avait été déclenché à la suite de l’enlèvement et de la séquestration du bâtonnier Mohamed Traoré, ancien bâtonnier du Barreau guinéen. L’acte, largement condamné aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, avait provoqué une vive indignation dans les milieux judiciaires et au sein des organisations professionnelles d’avocats à travers le monde. En signe de solidarité et de protestation, le Barreau avait suspendu sa participation aux audiences sur tout le territoire national.

Selon les explications données par Maître Moussa Diallo, avocat au Barreau de Guinée, plusieurs éléments ont été pris en compte dans la décision de lever la grève. « Il n’est pas un secret pour les uns et les autres que depuis cette agression du bâtonnier Mohamed Traoré, il y a eu des condamnations qui ont fusé de partout, même à l’international. Toutes les fêtières internationales d’avocats ont condamné. Sur le plan local aussi, il y a eu des condamnations. Il y a également eu deux rencontres avec le Premier ministre, en présence de hauts responsables de l’administration publique et de la justice », a-t-il expliqué à la sortie de l’AG.
Il a également indiqué que la procédure judiciaire liée à l’enlèvement de Me Mohamed Traoré a connu une avancée notable. « Le bâtonnier a été auditionné par un officier de police judiciaire. Ce sont des actes concrets que nous avons pu noter. Et, en marge de nos entretiens avec les autorités, nous avons aussi exprimé notre souhait de rencontrer le président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya. Ce point n’a pas encore été satisfait, mais nous gardons espoir. Ce n’est pas irréalisable et ce n’est pas un objectif auquel nous renonçons », a précisé Me Moussa Diallo.
Malgré l’absence de cette rencontre tant souhaitée avec le chef de l’État, les avocats ont estimé qu’il est désormais opportun de lever la grève, afin de permettre la poursuite des démarches entamées dans un climat plus apaisé. « À l’issue de l’évaluation de tout ce qui a été fait, nous avons jugé utile de suspendre le mot d’ordre de grève pour laisser la chance à ce que tout cela puisse aboutir », a conclu Me Diallo.
La suspension du mouvement est donc perçue comme un geste d’ouverture du Barreau, qui espère que les autorités poursuivront leurs engagements en faveur de la manifestation de la vérité, de la justice, et surtout, de la sécurité des avocats dans l’exercice de leur profession.
Foulamory Bah








