La forte prévalence du cancer en Guinée est source de préoccupations pour le gouvernement mais aussi la société civile. La Fondation Sia Tolno a officiellement lancé, ce mercredi 23 juillet 2025 à la Maison de la presse de Conakry, son projet « Rose Espoir, unis contre le cancer », à travers une conférence. L’objectif : sensibiliser et agir contre les cancers du sein et du col de l’utérus.
Dans son intervention, Gnouma Ouendeno, vice-président de la fondation, a déclaré. « Cette initiative vise à mettre plus de lumière sur le cancer des seins et du col de l’utérus, ces ténèbres silencieux qui détruisent nos mères et nos sœurs. Elle témoigne de l’engagement de l’actrice Sia Tolno à contribuer au bien-être de la population guinéenne. »
Il a salué le soutien de plusieurs partenaires publics et privés, notamment les ministères de la Santé, de la Culture, ainsi que les entreprises Fapgaz, Continental Group et Chilo Service. Il a lancé un appel à la presse pour relayer les messages de sensibilisation.
Pour sa part, Sia Tolno, présidente de la Fondation, a exprimé son engagement personnel. « Nous allons nous battre corps et âme, surtout pour les femmes invisibles, dans les villages, les marchés, la pêche… qui ignorent qu’elles peuvent être malades. »
Le commissaire général du projet, Millimono Nicola, a précisé que la campagne se déroulera du 13 au 31 octobre à Conakry, Dubréka et Kindia, avec l’appui technique de plusieurs ministères. Un événement sous la présidence d’honneur de la Première Dame est également prévu.
Le cancer en Guinée : un enjeu de santé publique majeur
Selon les données de l’Observatoire mondial du cancer du CIRC, 8 000 cas de cancer ont été diagnostiqués en Guinée en 2020, pour une population estimée à 13,2 millions d’habitants. Un quart de ces cas concerne le cancer du col de l’utérus, ce qui en fait l’une des principales menaces sanitaires pour les femmes guinéennes.
« Chaque jour en République de Guinée, six femmes sont diagnostiquées comme étant atteintes du cancer du col de l’utérus et quatre en meurent. Le papillomavirus humain (VPH), principal facteur de risque, affiche une prévalence d’environ 50 % dans la population générale.
Il est absolument urgent d’introduire le vaccin contre le VPH, de renforcer le dépistage, de mettre en place un Institut national du cancer avec radiothérapie, et de lancer une stratégie nationale d’élimination du cancer du col de l’utérus. » a affirmé Bangaly Traoré, point focal de l’examen imPACT et coordonnateur du programme national de lutte contre le cancer (ndlr : février 2024)
La lutte contre le cancer figure parmi les priorités du bureau de pays de l’OMS en Guinée.
« Afin d’assurer une approche globale, nous intégrerons les recommandations de l’examen imPACT dans le plan biennal d’activités 2024–2025. » Jean Marie Kipela, représentant de l’OMS en Guinée
Ibrahima Foulamory Bah









