Le glissement de terrain survenu à Manéah a causé, selon des témoins sur place, la mort de plus d’une trentaine de personnes. Sur les lieux jonchés de décombres, Sonna Condé, voisine des victimes, raconte avec émotion.
« Hier à 20h, nous sommes tous rentrés ensemble, sur la même moto. Nous nous sommes dit au revoir ici et chacun est rentré chez soi. À peine quinze minutes plus tard, j’ai entendu un grand bruit. Quand je suis sortie pour voir ce qui se passait, mon petit frère m’a dit que c’était un camion qui était tombé. J’ai alors vu des gens courir vers la colline. En levant les yeux, je n’apercevais plus de maisons. Mon mari et quelques jeunes ont coupé les fils électriques avant de s’introduire dans les décombres pour secourir les victimes. Ils ont d’abord fait sortir une femme et un enfant, que j’ai accompagnés à l’hôpital », relate-t-elle.
Poursuivant son récit, Mme Condé explique qu’elle se souvient de plusieurs familles encore coincées sous les décombres. « La famille Barry compte quinze personnes, aucune n’a été retrouvée. La famille Kourouma a perdu six membres, toujours introuvables. Beaucoup d’autres familles sont également touchées. La dame que j’ai accompagnée à l’hôpital a perdu quatre de ses garçons et un autre membre de sa famille. Dans la famille de Maladhö Baldé, tous les enfants sont coincés, sauf un, hospitalisé. Il y a eu plus de 30 morts. J’étais à l’hôpital quand onze corps y ont été amenés en ma présence. »
À l’hôpital préfectoral de Coyah, aucun responsable n’a souhaité communiquer sur le nombre exact de corps reçus. Du côté de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), les responsables précisent que les bilans sont publiés en temps réel via leurs plateformes officielles. La Croix-Rouge, également mobilisée sur le terrain, rappelle que seule l’ANGUCH est habilitée à publier les chiffres officiels concernant les victimes repêchées sous les décombres.
Foulamory Bah









