Le coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée, Abdoul Sacko, est revenu sur les conditions de son enlèvement, survenu le 18 février dernier à son domicile de Conakry. Selon son témoignage, des hommes en tenue militaire, lourdement armés et à bord de véhicules non immatriculés, ont pris d’assaut sa maison pendant près d’une heure, molestant ses voisins et sa famille avant de le capturer.
« Ils ont défoncé la porte, menacé ma mère, contraint ma fille de 11 ans et ma sœur à se coucher au sol, puis m’ont violemment frappé devant ma famille. Ils étaient cagoulés, armés et m’ont embarqué vers une destination inconnue », raconte-t-il.
Durant son enlèvement, il dit avoir été conduit dans trois lieux différents, tous à Conakry selon lui. « Dans chacun, j’ai subi des séances de torture, d’interrogatoire et de menaces de mort. On m’a attaché, ligoté, soumis à la technique de l’eau. À un moment, j’ai entendu l’un d’eux dire : “C’est fini pour lui, on ne le présentera pas à un juge.” »
Sacko affirme que ses ravisseurs communiquaient régulièrement avec une tierce personne : « Dès qu’ils m’ont enlevé, ils ont dit : “Nous avons le colis.” Je me souviens aussi qu’ils parlaient de l’autoroute Fidel-Castro. »
Il explique avoir perdu connaissance à plusieurs reprises avant d’être finalement abandonné en brousse, non loin du camp 66. « J’ai eu la vie sauve grâce à des paysans qui m’ont trouvé, aidé et alerté ma famille. »
Sur son état de santé, l’activiste dit souffrir encore de douleurs persistantes : « Mes mains étaient enflées, j’avais des fissures au bras droit et des traumatismes au niveau cervical. Jusqu’à présent, je ne peux pas tourner totalement la tête. »
Selon lui, aucune enquête n’a été ouverte par les autorités après son enlèvement. « L’État n’a pas daigné réagir. J’ai dû quitter clandestinement le pays car je craignais pour ma vie. »
Aujourd’hui en convalescence à l’étranger, Abdoul Sacko exprime sa gratitude envers les partenaires internationaux qui ont réagi rapidement, notamment l’ambassade des États-Unis. « C’est cette solidarité, locale et internationale, qui m’a sauvé la vie », conclut-il.
Foulamory Bah









