Le procès de l’artiste guinéen Mohamed Seydouba Bangoura, alias Singleton, s’est poursuivi ce mercredi 3 septembre 2025 devant le tribunal de première instance de Coyah. Poursuivi pour « homicide involontaire » à la suite d’un accident de circulation mortel survenu à Toguiron (Coyah-Maférinya), le chanteur a, une nouvelle fois, été reconduit en prison malgré ses demandes de pardon adressées à la famille de la victime, à la justice et au peuple de Guinée.
L’audience, qui a duré une bonne partie de la journée, a été marquée par plusieurs requêtes de la défense. Le tribunal a en effet ordonné la production du permis de conduire de l’artiste, d’une vidéo tournée avant l’accident, ainsi que la comparution d’un témoin clé.
Considérant le délai trop court pour réunir les éléments nécessaires à la défense, les avocats de Singleton ont sollicité un renvoi d’une semaine. Ils ont également demandé la mise en liberté provisoire de leur client. « Nous vous prions d’accorder cette liberté provisoire à notre client, car son élargissement ne saurait entraver le bon déroulement de la procédure », a plaidé la défense.
Une requête immédiatement rejetée par le ministère public représenté par Mohamed Aly Condé, qui a rappelé que « toutes les conditions de détention provisoire du prévenu sont déjà réunies », insistant notamment sur la nécessité d’entendre le témoin annoncé.
Même position du côté de la partie civile : Me Salifou Béavogui a qualifié la demande de mise en liberté « de prématurée ». Il a souligné que si la famille du défunt, Elhadj Mohamed Traoré, a accordé son pardon moral à l’artiste, elle ne s’est pas désistée juridiquement de la procédure. « Le pardon et le désistement sont deux choses différentes. La partie civile n’a pas encore désisté », a-t-il insisté.
À l’issue des débats, le président du tribunal, Philippe Gonga Mamy, a rejeté la demande de liberté provisoire et a renvoyé l’affaire au mardi 9 septembre prochain pour la suite des débats.
En attendant, Singleton, poursuivi pour « homicide involontaire » prévu et puni par les articles 216 et 217 du Code pénal, retourne à la prison civile de Coyah où il séjourne depuis son inculpation.
Foulamory Bah









