À moins d’un mois de l’ouverture des classes, prévue le 6 octobre 2025, le climat est tendu dans le secteur éducatif. Le Syndicat national des enseignants (SNE) brandit la menace de boycotter la rentrée tant que le statut particulier de l’enseignant n’est pas signé par le gouvernement.
Lors d’une rencontre tenue cette semaine à Conakry, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a été catégorique : « Tant que le statut particulier n’est pas signé, il n’y aura pas d’ouverture des classes », a-t-il martelé. Selon lui, les enseignants disposent aujourd’hui « d’un pain sur un plateau d’or » qu’ils doivent saisir pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Le syndicat appelle ainsi ses membres à rester mobilisés et unis autour de ce mot d’ordre.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Paul Cédy, assure que le processus est en bonne voie. Son collaborateur, Ansa Diawara, précise que le document « est en élaboration » et qu’il doit encore être enrichi avec les contributions de toutes les parties prenantes.
Mais les tensions ne se limitent pas au SNE. L’Union populaire des travailleurs de Guinée (UPTG) a également dénoncé le récent recrutement de 2 000 nouveaux enseignants à la fonction publique, estimant que les contractuels déjà en poste ont été injustement écartés. Son secrétaire général, Alsény Mabinty Camara, dénonce une « injustice flagrante » et réclame le paiement intégral des primes d’incitation promises aux enseignants contractuels.
Ainsi, à quelques semaines de la rentrée, l’incertitude demeure : sans réponse concrète du gouvernement, les syndicats maintiennent leur menace de paralyser le système éducatif.
Les contractuels, victimes d’une double injustice
Au-delà de la question du statut particulier, les enseignants contractuels se disent lésés par la politique de recrutement du gouvernement. L’Union populaire des travailleurs de Guinée (UPTG) dénonce le concours ayant permis l’intégration de 2 000 nouveaux enseignants à la fonction publique, alors que près de 5 000 contractuels déjà en poste ont été recalés. « Laisser ceux qui ont de l’expérience et recruter ceux qui n’ont jamais enseigné est une injustice flagrante », accuse Alsény Mabinty Camara, secrétaire général de l’UPTG.En plus de l’exclusion du recrutement, ces contractuels réclament le paiement intégral de leurs primes d’incitation, estimées à 6 millions GNF par enseignant. Une promesse jusque-là non tenue par l’État.
Ces deux frustrations nourrissent un profond sentiment d’abandon chez les enseignants contractuels, pourtant considérés comme la colonne vertébrale de l’école guinéenne, notamment dans les zones rurales.
Ibrahima Soya









