Après 4 ans de transition, la République Guinée se dirige vers le retour à l’ordre constitutionnel. Les autorités militaires venues au pouvoir le 5 septembre 2021 suite au renversement du Professeur Alpha Condé semblent prêtes à passer à une nouvelle étape. Le projet de constitution tant attendu a été élaborée par le conseil national de la transition qui fait office de parlement. C’est suite à sa présentation officielle au chef de la junte militaire que la campagne référendaire a été lancée le 24 août dernier sur toute l’étendue du territoire guinéen. Cette campagne de sensibilisation dirigée par le chef de gouvernement Bah Oury et ses ministres, a été marquée par une forte mobilisation de la population à Conakry tout comme à l’intérieur du pays. L’occasion a été mise à profit pour convaincre les uns et les autres à aller voter en faveur du OUI pour la nouvelle constitution.
Selon la direction générale des élections (DGE), 6.768.548.000 guinéens sont recensés. A date, on apprend que toutes les conditions sont réunies pour le bon déroulement du scrutin dont les résultats ne vont pas tarder à être publiés par la DGE. Après le retrait des cartes d’électeur, les guinéens sont appelés ce dimanche 21 septembre à se rendre massivement dans les bureaux de vote pour voter pour le OUI ou le NON. Cette phase importante est une étape cruciale pour le retour à la normale en Guinée. Si cette nouvelle constitution est adoptée, le pays de Sékou Touré, balancera dans une nouvelle ère.
Si sur le terrain, on constate de l’engouement de la part des pros du pouvoir de Mamadi Doumbouya, par contre d’autres guinéens se sentent exclus du processus. Plusieurs leaders politiques et activistes de la société civile appellent au boycott du scrutin. Ils estiment que cette nouvelle constitution est faite uniquement en faveur de l’ancien responsable des forces spéciales. Surtout que l’adoption de document lui permettra de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Cela malgré qu’il avait promis de ne pas se porter candidat. Actuellement, les partis politiques, les plus représentatifs dont l’UFDG et le RPG sont suspendus par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Pendant que les pros du OUI peuvent se mobiliser et manifester librement, les partisans du NON ont du mal à organiser de meeting pour se faire entendre. Seul Dr Lansana Faya Millimono, président du parti Bloc Libéral qui fait des conférences de presse en Guinée pour s’opposer à la nouvelle constitution. A part lui, aucun opposant ne peut mobiliser la population pour dire NON à la nouvelle constitution sur le sol guinéen.
Quelques éléments introduits dans la nouvelle constitution !
Après l’adoption de la constitution de 2020 d’Alpha Condé qui lui a permis de se débarrasser de la constitution de 2010 pour briguer un troisième mandat jugé illégitime, les guinéens sont invités d’adopter une nouvelle constitution ce dimanche 21 septembre. Nous vous présentons ici quelques nouveaux éléments introduits dans cette dernière.
La constitution 2025 intitulée ‘’la constitution qui nous ressemble et nous rassemble’’ est composée de 199 articles qui ont été présentés dans le journal télévisé de la RTG par les présentateurs.
Ce document autorise les candidatures indépendantes aux élections présidentielles. Le candidat doit être âgé de 40 ans au moins et de 80 ans au plus et avoir sa résidence principale en Guinée. Le mandat présidentiel est fixé à 7 ans renouvelable une fois. Cette constitution prévoit la création de nouvelles institutions. Il s’agit notamment de la Cour de la Justice de la République pour juger le président de la République et les membres du gouvernement ; le Senat pour équilibrer les pouvoirs ; et la Commission de régulation de la communication et de l’audiovisuel qui remplacera la Haute autorité de la communication.
En outre, force est de constater que la constitution n’est pas un simple document juridique, mais d’un pacte national qui engage l’avenir et le devenir du peuple de Guinée. Chaque voix compte et chaque choix compte. Voter ou boycotter, c’est le droit de chaque guinéen de s’exprimer comme il veut. Le plus important c’est le maintien de la paix, la cohésion sociale des guinéens et la justice sociale.
Ibrahima Soya









