C’est sur fond de conférence de presse, qu’Amnesty International a publié ce jeudi 23 octobre son nouveau rapport. Les enquêtes de plusieurs mois ont porté sur les abus envers les droits de travailleurs de plantations liées à la Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéa (SOGUIPAH). Les thèmes abordés dans cette étude concernent notamment le salaire ‘’misérable’’ des travailleurs, la précarité des planteurs et le laxisme des autorités vis-à-vis des abus subis par les travailleurs. Ce rapport s’appuie sur des recherches menées en 2024 et 2025, au cours desquelles 90 personnes ont été interrogées.
« Le président promettant depuis 2021 de faire de l’exploitation des ressources naturelles un levier pour le développement et l’amélioration des conditions de vie, les autorités devraient agir immédiatement pour garantir les droits humains de ces travailleurs et petits exploitants, conformément au Code du travail guinéen, à la nouvelle Constitution et à leurs obligations internationales en matière de droits humains », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
Selon le ministère de l’Agriculture, en 2024, la SOGUIPAH, détenue à 100% par l’État, employait plus de 4 000 personnes et comptait 6 801 planteurs affiliés. Plusieurs travailleurs de la SOGUIPAH interrogés par Amnesty International ont été rémunérés en dessous du salaire minimum légal de 550 000 francs guinéens par mois.
Pour Fabien Offner, chercheur senior à Amnesty International : « Les autorités de transition doivent tenir leurs promesses répétées de protéger les droits économiques et sociaux de tous dans le pays, y compris le droit à un salaire juste et équitable, condition d’une vie décente ».
« Elles doivent garantir la protection des droits humains des travailleurs de la SOGUIPAH et de ceux qui dépendent de l’entreprise, conformément aux obligations du pays en vertu du Code du travail guinéen, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et des neuf instruments fondamentaux de l’Organisation internationale du travail ratifiés par la Guinée. » a soutenu le chercheur.
Les conclusions ont été transmises le 3 octobre aux autorités guinéennes et à la direction de la SOGUIPAH afin de leur donner la possibilité de répondre à ce rapport d’Amnesty.
Ibrahima Soya








