Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 26 novembre, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a défendu la participation de l’État dans le projet Simandou, répondant aux critiques sur le niveau des parts détenues dans ce mégaprojet stratégique. Son argumentaire repose sur deux axes : le rappel des mécanismes historiques des concessions minières et la performance des négociations actuelles.
En revenant sur l’exemple fondateur de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), le ministre a expliqué pourquoi la participation de 49 % de l’État ne s’est jamais traduite par une forte contribution au budget national. Selon lui, ces parts correspondaient essentiellement au remboursement d’infrastructures financées pour le compte de la Guinée :
« Les 49 % de l’État, c’était le coût du chemin de fer Kamsar-Sangarédi, de la cité, du port de Kamsar… Ce sont des dettes qu’on a données à la Guinée. Voilà pourquoi la contribution de la CBG est faible aujourd’hui. »
Ce rappel vise à montrer que les modèles juridiques et financiers des concessions minières ont fortement évolué depuis les années 1960.
Sur les blocs 1 et 2 opérés par Winning Consortium Simandou, Ousmane Gaoual Diallo insiste : les 15 % accordés à l’État ne relèvent pas d’un arrangement particulier, mais de l’application directe du Code minier, qui garantit une participation gratuite lors de toute concession.
« L’État récupère 15 % du capital chaque fois qu’il concède un gisement de cette nature. C’est l’application mécanique de la loi », rappelle-t-il.
L’objectif : couper court aux accusations de faiblesse ou de manque d’ambition de la part de l’État.
Le ministre met toutefois en avant un point clé : l’alignement de Rio Tinto sur une loi entrée en vigueur après l’attribution de sa concession. Une concession qui, selon lui, n’était pas tenue légalement d’intégrer cette obligation.
« C’est comme si on disait à la CBG d’accepter de redonner 15 % supplémentaires. Faire accepter cela à Rio Tinto, c’est une grande performance du comité de négociation », souligne-t-il.
Cet élément constitue le véritable angle stratégique du propos : démontrer que la Guinée a obtenu plus que ce que la législation n’exigeait.
Le ministre conclut en rappelant les bénéfices structurels du projet :
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650 km de chemin de fer financés sans dettes pour l’État,
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la rétrocession du port et de la voie ferrée dans 30 ans, acquis contractuels majeurs selon lui.
Foulamory Bah









