Très attendu par l’opinion dans le dossier 28 septembre 2009, le Colonel Bienvenu Lamah a enfin comparu ce jeudi 18 décembre à la barre du tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la cour d’Appel de Conakry dans le cadre du second volet du procès 28 septembre. Détenu en prison depuis fin 2022, le colonel Lamah est poursuivi pour abus d’autorité, meurtres, assassinats, coups et blessures volontaires, tortures et violences sexuelles. Devant le tribunal dirigé par Aboubacar Thiam, le prévenu a nié tous les faits qui lui sont reprochés.
« Comme je l’ai toujours dit, je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés liés aux événements du 28 septembre », dit-il avant de demander au président du tribunal de le juger en fonction des faits.
Dans sa narration, il a expliqué au tribunal comment il est devenu instructeur à l’école de la gendarmerie de Kaléah située dans la préfecture de Forécariah. Il soutient que ses hommes n’ont pas été au stade du 28 septembre le jour du massacre. Pour ses évènements douloureux, il accuse plutôt l’ancien ministre de la défense, Sékouba Konaté et le commandant Toumba. Il sollicite même une confrontation devant entre ces deux membres influents du CNDD.
« Aucune recrue n’a quitté Kaléah pour être mêlée aux événements. De plus, je n’ai jamais été le directeur de cette école », a précisé le colonel pour sa défense.
Le prévenu a également rappelé qu’il avait initialement bénéficié d’un non-lieu en première instance, confirmé par la Cour d’appel de Conakry. Selon lui, toutes les voies de recours étaient épuisées avant cette nouvelle mise en cause.
« On me ramène dans ce dossier pour que je sois jugé deux fois pour les mêmes faits.
Après ce premier exposé appuyé par des documents justificatifs présentés à la barre, l’avocat de Bienvenu Lamah se dit satisfait de la comparution de son client.
Me Zézé Kalivogui : « La déclaration du colonel Bienvenu Lamah a toujours été constante depuis le début de cette affaire, que ce soit dans le premier procès que dans celui-ci. Pour moi, c’est un véritable soulagement aujourd’hui qui m’anime à entendre mon client s’exprimer avec limpidité, avec clarté, avec lumière pour parler de cette affaire. Je suis vraiment content, je suis très soulagé pour qu’enfin qu’il puisse venir dire sa part de vérité dans cette affaire. »
C’est dans ce même ordre d’idée que l’un des conseils de la partie civile renchérit.
« Donc nous sommes soulagés que le procès s’ouvre aujourd’hui. Ensemble nous verrons ce que cela va donner. Mais nous sommes très confiants et les victimes sont soulagées. Parce que attendre un an plus tard, plus d’une année pour que les dossiers complémentaires ne soient jugés, ça a été éprouvant, ça a été quelque chose de très difficile. » a affirmé Me DS Bah.
Si toutes les parties sont d’accord pour la réouverture de ce procès historique, par contre elles s’opposent dans l’injonction de procédure. A cet effet, le tribunal décide de surseoir à l’injonction. Sur ce, le second volet du procès 28 septembre se poursuit avec le colonel Bienvenu Lamah et trois autres prévenus qui sont Georges Olemou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpoghomou.
Par conséquent, le colonel Gono Sangaré, Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou manquent à l’appel.
Ibrahima Soya









