Le déguerpissement des emprises publiques a repris à Conakry. Si les autorités invoquent l’embellissement urbain et la sécurité routière, des centaines de commerçants, majoritairement des femmes, dénoncent une perte brutale de leurs moyens de subsistance.
Les autorités guinéennes ont relancé, depuis quelques jours, l’opération de déguerpissement des emprises occupées anarchiquement dans le Grand Conakry. L’objectif affiché est l’embellissement des espaces publics et l’amélioration de la fluidité de la circulation dans la capitale.
Sur plusieurs axes routiers, les forces de sécurité sont déployées pour libérer les voies encombrées par des étals, cabarets et installations de fortune. À Kaloum, centre administratif du pays, les autorités communales ont supervisé cette semaine des opérations au Port autonome de Conakry.
« Une campagne de sensibilisation a été menée pour demander aux populations de libérer les espaces qui entravent la circulation », a déclaré Kadiatou Diallo, secrétaire générale de la commune de Kaloum, précisant que cette initiative émane du sommet de l’État.
Sur le terrain, les conséquences sociales sont lourdes. De nombreux commerçants et étalagistes, principalement des femmes, se retrouvent privés de leur principale source de revenus. « C’est ici que nous gagnons notre vie pour nourrir nos familles. Nous demandons aux autorités de revoir notre situation », témoigne une vendeuse affectée par le déguerpissement.
Du côté des forces de l’ordre, la mesure est justifiée par des impératifs de sécurité. « L’occupation des routes constitue un danger permanent pour les vendeuses et les usagers », explique le lieutenant-colonel Aminata Camara, directrice centrale adjointe de la police routière.
Si l’opération a permis de libérer plusieurs artères et d’améliorer l’image de la ville, elle soulève aussi des interrogations sur l’accompagnement social des personnes touchées. La question de la pérennité des déguerpissements et des solutions alternatives reste posée.
Ibrahima Soya Bah









