Le Premier ministre Amadou Oury Bah a effectué, cette semaine, une visite de terrain au Port autonome de Conakry, accompagné du ministre des Transports et des responsables sectoriels. Objectif : constater l’avancement des travaux d’extension des quais et réaffirmer l’engagement de l’État en faveur de la modernisation de cette infrastructure stratégique, principale porte d’entrée des marchandises du pays.
La délégation a visité le terminal à conteneurs et le port minéralier, où les travaux d’élargissement progressent. Pour Ousmane Savané, directeur général adjoint d’Alport, ces investissements répondent à la dynamique économique nationale. « La Guinée est aujourd’hui la deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest. Cette croissance exige des infrastructures portuaires capables d’absorber l’augmentation du trafic », a-t-il indiqué, évoquant un vaste programme d’extension visant à accroître les capacités et à accélérer les opérations de manutention.
Malgré ces efforts, la congestion demeure un défi. Mamadou Biro Diallo, directeur général du Port autonome de Conakry, reconnaît que « la situation s’est nettement améliorée, mais il reste encore beaucoup à faire », soulignant que les effets des investissements dans les infrastructures lourdes se mesurent sur le moyen terme.
Le fonctionnement et le développement du port reposent également sur un système de concessions confiées à des opérateurs spécialisés. Le terminal à conteneurs est exploité par AGL (Africa Global Logistics), tandis que la gestion de certains terminaux et activités logistiques est assurée par Alport Conakry, concessionnaire engagé dans des programmes d’investissements structurants. Le port minéralier accueille, pour sa part, les opérations de sociétés industrielles comme RUSAL, acteur majeur de l’exportation de bauxite et d’alumine. Ces partenariats public-privé jouent un rôle clé dans la modernisation des équipements et l’amélioration des performances portuaires.
Anticipant l’impact des grands projets miniers, notamment Simandou, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’agir rapidement. « La pression sur les infrastructures va s’intensifier. Des solutions urgentes sont à l’étude et seront précisées dans les prochains jours », a déclaré Amadou Oury Bah, appelant à renforcer la proactivité pour que la congestion devienne, à terme, un problème du passé.
Principal hub maritime du pays, par lequel transite près de 90 % du commerce extérieur, le Port autonome de Conakry demeure un levier essentiel pour la compétitivité logistique et la transformation économique de la Guinée.
Port de Conakry : un siècle d’infrastructures stratégiques
Créé en 1895 sur l’île de Tombo, le port de Conakry doit son développement à sa position naturelle protégée par les îles de Loos, favorable à la construction d’installations en eau profonde. Des programmes d’extension successifs ont permis la construction de quais, de digues et d’équipements logistiques dès les années 1930.
Après une période de dégradation postindépendance, le port a été restructuré en 1982 avec la création du Port autonome de Conakry, à la suite d’un plan directeur appuyé par des partenaires internationaux.
Aujourd’hui spécialisé dans les conteneurs et l’exportation de minerais, il assure environ 90 % des échanges extérieurs de la Guinée. Son développement constitue un enjeu stratégique pour accompagner la croissance économique et les grands projets industriels du pays.
MYZ









