Ces derniers jours, la toile guinéenne était animée par l’annonce du rapatriement des guinéens de la diaspora, notamment celle qui se trouve en République Fédérale d’Allemagne. Suite à l’ampleur que cette affaire a prise sur les réseaux sociaux, le ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, fait marche arrière et sollicite une pause.
Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi après-midi dans les locaux de son département, le Dr Morissanda a apporté des précisions importantes sur cette épineuse question de rapatriement des guinéens.
Il assure que ce sont uniquement les guinéens sans papiers et qui ont épuisé tous les recours qui sont ramenés en Guinée. Car au lieu qu’il « reste en prison en Occident, c’est mieux qu’ils rentrent chez eux dignement ». dit-il.
« Le cas spécifique de l’Allemagne : ils sont 6 000 guinéens en difficulté là-bas, 120 sont rentrés depuis 4 ans. C’est l’Union européenne qui nous met la pression. Ce sont des guinéens qui ont épuisé tous leurs droits qui sont rapatriés. Ceux qui ont épuisé tous les recours et qui sont en prison, on va les prendre… On n’ira cas par cas pour ne pas expulser les 6000 guinéens de l’Allemagne. On va continuer à travailler avec l’UE. Amener les guinéens au lieu de rester en prison en Allemagne.»
Le ministre en charge des Affaires Etrangères poursuit son speech en plaidant pour la négociation et la diplomatie entre les États.
« Il y a une chose sur laquelle nous devons travailler, les conditions dans lesquelles nos compatriotes sont assurés. Est-ce que tous leurs droits ont été respectés ? Première chose, nous mettrons en place une commission d’enquête bilatérale. Nous allons revoir l’accord que nous n’avons pas signé mais que nous avons subi. La Guinée n’est pas un pays rebelle. Nous respectons la dignité des autres pays. Nous respectons leurs droits. Nous ne pouvons pas accepter que nos compatriotes violent leurs droits, tant qu’il s’agit de négocier avec eux. » a-t-il indiqué devant l’ambassadrice de la République Fédérale d’Allemagne en Guinée.
Le prix Nelson Mandela a rappelé les efforts fournis par le régime du Général Mamadi Doumbouya, dont la mise en place d’une cellule de crise pour la diaspora. C’est dans ce cadre que de nombreux compatriotes vivant en détresse dans les pays maghrébins, dont la Tunisie, sont rentrés et ont été pris en charge par l’État avec un mécanisme de réinsertion sociale et professionnelle.
Ibrahima Soya









