Placé sous mandat de dépôt en décembre 2022, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour Constitutionnelle est toujours détenu à la maison centrale de Conakry. Il est poursuivi avec d’autres prévenus pour des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption, de blanchiment, de complicité et d’enrichissement illicite.
Ce lundi 9 mars, il s’est présenté seul de nouveau devant la barre de la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF) pour la suite de son procès.
Pendant que le tribunal discutait de la date de renvoi de l’affaire, Mohamed Lamine Bangoura prend la parole pour prier le juge d’ordonner sa mise en liberté provisoire. L’enseignant-chercheur affirme que parmi les 9 prévenus dans ce dossier, c’est le seul qui est toujours incarcéré et d’autres sont en fuite. Ainsi, il sollicite sa mise en liberté provisoire jusqu’à la fin de son procès. Malheureusement pour lui, sa demande sera refusée une énième fois par le parquet qui estime qu’en étant dehors, il peut influencer la suite du dossier. Le ministère public reste catégorique. Cela malgré les plaidoiries de son avocat.
« Le procureur qui s’oppose à la liberté de M. Bangoura n’aura pas gain de cause. On le met en prison, c’est parce qu’ils ont le pouvoir de mettre quelqu’un en prison. Dans ce dossier, nous avons obtenu combien de décisions de remise en liberté qui n’ont jamais été exécutées ? Des décisions même de la Cour suprême. L’arrêt de la chambre de contrôle est cassé. On revient devant la CRIEF la chambre de contrôle réexamine et réordonne la remise en liberté de M. Bangoura. Mais par des moyens fondés sur le non-droit, il est toujours maintenu en détention. » a déclaré Me Facinet Soumah devant la presse.
Par ailleurs, lors de l’audience du jour, l’avocate de la partie civile Fatoumata Kourouma en tant que représentante de l’ancien chef greffier de la Cour constitutionnelle a posé des questions au prévenu. Son client Lancinet Kankou Kourouma réclame des arriérés de salaires.
Dans son intervention, Me Fatoumata Kourouma a présenté des décrets, des ordonnances et des arrêtés qui attestent que son client était le chef greffier de la Cour constitutionnelle. Mais certains documents n’ont pas été reconnus par le prévenu. Mohamed Lamine Bangoura signe et persiste qu’il ne doit rien à Lancinet Kankou Kourouma. Il assure que les subventions et les primes allouées ont été exécutées comme il se doit en présence des membres de la Cour constitutionnelle. À cet effet, l’ancien dirigeant de la cour confirme n’avoir détourné aucun montant de cette institution républicaine.
« C’est quelqu’un qui écrit à la cour et qui réclame des salaires et ses accessoires. La CRIEF n’est pas là pour juger la réclamation des salaires. Et je crois que mon client a bien répondu aux questions. L’avocate a fait valoir des documents qui n’ont jamais connu d’application, notamment des décrets et des grilles salariales, alors que les salaires des greffiers, c’est connu de tous. « Ils sont payés par le ministère du Budget », a soutenu Me Soumah.
Dans les questions à décharge de son avocat, Mohamed Lamine Bangoura a expliqué comment il s’est enrichi durant sa carrière professionnelle. D’après lui, avant d’être nommé à la Cour suprême, il a exercé plusieurs activités. Il a été enseignant-chercheur et consultant.
Avant de renvoyer l’affaire le 18 mars prochain, le juge du tribunal, Yagouba Conté, demande à ce que le parquet sollicite la banque centrale de la République de Guinée pour obtenir les relevés bancaires de la cour constitutionnelle pendant le règne de Mohamed Lamine Bangoura.
Ibrahima Soya






