De nos jours, bon nombre des guinéens ignorent la qualité de l’artisanat local. C’est le cas par exemple des pots de canaris. Ce produit local fabriqué à base de l’argile tant à disparaître dans les foyers guinéens. Mais malgré tout, ces produits locaux sont toujours convoités par certains. Même si certains guinéens ne l’utilisent plus, d’autres sont toujours rattachés à cette valeur ancestrale africaine qui résiste encore au temps par endroit en Guinée.

À Conakry, dans la capitale guinéenne, les vendeurs des pots de canaris ne sont visibles que dans certains endroits. À Dixinn Gare dans la Commune de Dixinn, on aperçoit sous le pont, des étalagistes de ces produits traditionnels africains. Des pots de canaris de différentes catégories étalés au bord de la route. De ce côté, trois vendeurs y sont installés. Ils se plaignent de la rareté des clients.

Diplômé en Miage de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 2010, puis en économie et gestion de l’école nationale du secrétariat, d’administration et du Commerce de Guinée (ENSAG) en 2012, Issiagha Soumah exerce ce commerces depuis des années maintenant. Mais vu la rareté des clients, il cherche actuellement à trouver d’autres activités.

Pour lui, cette activité ne lui permet plus de subvenir les besoins de sa famille. « On peut s’assoir du matin au soir sans avoir même un seul client. C’est quand nous faisons près d’une semaine, des expatriés viennent acheter avec nous. »

Et pourtant, même si ces produits locaux sont ignorés de nos jours par certains guinéens, ils sont encore convoités par d’autres citoyens malgré des multiples mutations liées à la modernisation notamment à la technologie.

Issiaga Soumah exhorte le gouvernement en place à la promotion des produits locaux « Certains clients me disent que « nous les africains nous ne faisons que perdre nos valeurs ancestrales du jour au lendemain. Ces pots ont une importance capitale dans la vie de l’homme. On les utilise pour rafraîchir l’eau de boisson. La conservation, la préparation des aliments ou des médicaments. Pour ces valeurs, les autorités actuelles doivent exiger la présence d’un pot de canaris dans le bureau de chaque ministre, de chaque fonctionnaire. Cela permettra d’accroître non seulement nos marchés mais promouvoir nos produits locaux » a suggéré Soumah

Dame M’Mawa Touré a abordé dans le même sens. Elle indique que des motards déroutent et endommagent la marchandise des vendeurs. Sans compter les cas de vols qu’elle subisse la nuit.

« On n’a pas de place pour garder nos pots. C’est ici qu’on laisse. Ils nous volent la nuit. On a plus de pertes que de gains. Vraiment nous sollicitons de l’aide pour avoir un endroit fiable et sécuriser où exposer nos produits » sollicite-t-elle.

Sékou Oumar Soumah exerce ce commerce à Dixinn Gare il y a de cela plus de 20 ans maintenant. Il incite les citoyens à se rattacher davantage à leur coutume. « Ça fait partie de notre culture. Il est de devoir de chacun de nous de redoubler des efforts pour conserver ces produits artisanaux avec nos deux mains. »

S’agissant d’où ces pots sont produits en Guinée, ces revendeurs font savoir qu’ils sont produits à l’intérieur du pays notamment à Mamou (Porédaka), Kankan, Dabola, Kindia, Lélouma…leurs prix varies en fonction de la taille et de la qualité 5 000 francs guinéens les plus petits et 500 000 francs guinéens les plus grands.

Ibrahima Foulamory Bah pour lecourrierdeconakry.com

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