Conflit domanial à Kaloum : une famille expulsée de la maison manu militari (les explications d’une victime)

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Malgré le changement de régime en Guinée, il y a encore des pratiques qui demeurent dans le pays de Mamadi Doumbouya. Il s’agit notamment le cas des expulsions des citoyens en violations des droits de l’homme.

Ce lundi 10 janvier dans la commune de Kaloum la famille Coumbassa a été vidée de sa concession Coumbassaya située dans le quartier Kouléwondy en face du Tribunal de Première Instance de Kaloum. Les gendarmes sont venus très tôt le matin, pour expulser cette famille de la maison manu militari. Suite au ripostes des concessionnaires, les forces de l’ordre ont usé du gaz lacrymogène et ont procédé à des arrestations avant d’évacuer la concession et de la rendre dans un état délabré.

Selon les explications que nous avons reçues sur place, cette concession appartenait à Hadja Oumou N’Diaye qui l’a légué à son fils adoptif Kanfory Coumboussa. C’est après leur décès que les enfants de l’époux de Hadja Oumou sont venus réclamer la propriété de la concession aux dépend des enfants de Kanfory Coumbassa.

Au micro du reporter du Courrier de Conakry, la fille du feu Kanfory Coumbassa donne des explications :

« Mon papa a habité cette maison depuis 1953, nous sommes nés ici, on n’a jamais eu de problème avec qui que soit. La propriétaire de la concession était Madame Hadja Oumou N’diaye, elle était la mère adoptive de mon papa. Elle n’a pas eu d’enfant, elle a pris mon père comme son fils adoptif. Avant son décès, elle a cédé la concession à mon père. Il y a des témoins pour ça dont un huissier. Il a fallu que nos parents meurent pour que les enfants de l’époux de Hadja Oumou N’diaye viennent pour réclamer la propriété de la concession avec un titre foncier de 2011. Ils se réclament d’un bien qui n’existe pas dans leur patrimoine et dans le patrimoine de leur père. Ils ont eu toutes les décisions en leur faveur (du TPI de Kaloum, Cour d’appel) nous sommes maintenant au niveau de la cour suprême. C’est parce qu’ils ont de l’argent et des relations plus que nous, que ces décisions judiciaires ont été en leur faveur », dit-elle.

Poursuivant, elle ajoute : « On a été très surpris de voir les forces de l’ordre débarquer à 4 h du matin manu militari.  Les enfants ont été gazés. Ils ont embarqué mes frères manu militari pour les déposer à la gendarmerie. Ils ont gazé la maison de mon oncle qui est couché dedans très malade. Il est entre la vie et la mort. Lorsqu’ils sont venus pour une première fois, les gens du quartier les ont empêchés de nous expulser, parce qu’ils savent que la concession c’est pour kanfory Coumbassa que ça ne peut pas être autrement. On demande aux nouvelles autorités de rétablir la justice. Ils nous traitent de locataire alors que depuis 1960 mon papa paye l’impôt de cette maison. On souhaite que Mamadi Doumbouya nous convoque pour que chaque famille s’explique comment elle a eu la concession ».

Contacté par la famille Coumbassa, le Gouvernorat de la ville de Conakry a préféré de s’en tenir à la décision de la justice guinéenne.

Il faut signaler que pour équilibrer l’information on a voulu faire intervenir le camp d’en face mais malheureusement notre reporter n’a pas trouvé de répondant à ce niveau. Mais ce qui est sur la famille de Kanfory Coumbassa a été complétement expulsée de la concession, les habitants risquent de passer la nui à la belle étoile.

Ibrahima Bah

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