Corruption : L’ex président de la Cour Constitutionnelle Mohamed Lamine Bangoura et plusieurs autres dans le viseur de la justice guinéenne

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La junte militaire au pouvoir depuis le 5 septembre 2021, ne compte pas baisser les bras dans le combat pour la lutte contre la corruption. Après l’ex DAAF de la Cour Constitutionnelle Sidiki Sylla, c’est au tour de l’ex président de la même Cour et plusieurs autres membres qui sont visés par la justice guinéenne.

Dans un communiqué rendu public dans la soirée du mardi 26 mai 2022, le garde des sceaux Alphonse Charles Wright a instruit le parquet général de Conakry d’engager des poursuites judiciaires contre Mohamed Lamine Bangoura et sept (7) conseillers de la Cour Constitutionnelle dissoute par le CNRD. Parmi ces conseillers, on retrouve:  Amadou Diallo, Cécé Théa, Rouguiatou Barry, Mamadou Mountagha Bah, Fatoumata Morgane, Ahmed Ter’a Sanoh et Ansoumane Sacko.

Le ministre Charles Wright ordonne dans le même communiqué le parquet de poursuivre l’ex directeur national des infrastructures judiciaires et pénitentiaires Marcel Niankoye Konomou, du contrôleur des faits Sékou Koulibaly et la société CONPRESCO Guinée SARL, société commerciale de droit guinéen prise en la personne de son représentant légal Ansoumane Adios Condé.

Le même communiqué rappelle que « le Vendredi 28 septembre 2018, Monsieur Mohamed Lamine BANGOURA jusque-là vice-président de la Cour Constitutionnelle a été élu à la tête de ladite institution avec un budget annuel de plus de vingt milliards de francs guinéens (20 000 000 000 GNF). En dépit de son salaire mensuel de cent quarante-cinq millions de francs guinéens (145 000 000 GNF), Monsieur Mohamed Lamine BANGOURA, sans cause justifiant une mission de service public de la Cour, s’est lancé dans l’acquisition immobilière au Sénégal portant sur l’immeuble R+4 objet du titre foncier N°1647/NGA du lot 4 Dakar pour un montant de quatre cent quatre millions de francs CFA (404 000 000 CFA). Cette vente a été rendue possible par l’intervention de deux (2) cabinets de notaires à savoir: l’étude de Maître Kane Anta DIALLO, notaire du cédant et l’étude de Maitre Tabara DIOP, notaire de l’acheteur au nom de ses enfants vivant à l’étranger au moment des faits.

Outre le montant d’acquisition immobilière incriminé au Sénégal, s’ajoutent l’acquisition d’une résidence à Nongo dans la Commune de Ratoma d’une valeur de cinq milliards de francs guinéens (5 000 000 000 GNF) et l’acquisition des domaines à Wonkifong dans la préfecture de Coyah. Il est constant au-delà de tous doutes raisonnables eu égard de l’existence d’éléments factuels que les subventions allouées depuis 2018 jusqu’à la fin des fonctions des membres de la Cour Constitutionnelle le 05 septembre 2021, ont été détournées, comme l’atteste le compte personnel de l’ex DAF Sidiki SYLLA sur lequel la somme de douze milliards sept cent vingt un millions trois cent soixante-huit mille deux cent cinquante francs guinéens (12 721 368 250 GNF) a été retrouvée. » a-t-il rappelé dans son communiqué avant d’indiquer que « La dissimilation de ce montant est techniquement impossible sans la participation active ou passive de l’ordonnateur des dépenses, en l’occurrence, Monsieur Mohamed Lamine BANGOURA et les autres membres de la Cour Constitutionnelle qui ont un regard de contrôle sur la situation financière. »

Il faut préciser que le ministre de la justice a engagé des poursuites judiciaires contre ces hautes personnalités de la Cour Constitutionnelle Constitutionnelle pour des faits présumés de corruption, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, faux et usage de faux en écriture publique, parjure, détournement de deniers publics et complicité.

Ibrahima Foulamory Bah pour lecourrierdeconakry.com

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