Culture – Guinée : l’alphabet «Adalama»,  enrichit l’écriture

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En plus de l’écriture N’KO utilisé pour la première fois en 1949 à Kankan par Solomana Kanté pour combler un manque de la langue Malinké, une autre écriture fait son entrée sur la scène.  Cette fois-ci, en poular l’écriture ou l’alphabet Adalama est à la conquête du monde.

Crée en 1986 à N’Zérékoré par des jeunes de la région de Mamou a-t-on appris de sources concordantes. Pour ce qui est de l’historique de l’alphabet Adalama, El Hadj Mamadou Dian Abadjada Diallo membre de la ligue islamique régionale de Labé revient sur les grandes lignes de l’écriture : « Ibrahima et Issagha sont deux frères de lait. C’est eux qui ont parlé de cette écriture pour la première fois. Mais c’est en 1986 que l’alphabet en question a été créé à N’Zerekore par des jeunes de la ville de Mamou. Depuis lors, il y a eu des progrès énormes pour son développement » déclare-t-il.

A l’image de la première écriture, cette seconde a pris de l’envergure au point de s’internationaliser. Composé de 28 lettres dont 5 voyelles, l’alphabet Adalama s’écrit de la droite vers la gauche à l’image de l’Arabe. Cette écriture est de nos jours enseignée dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine et dans le reste du monde à en croire des personnes directement impliquées dans son développement à Labé.

Monsieur Diallo Mamadou Linguérin, moniteur de l’écriture à Labé explique : « En plus de notre pays, plusieurs autres pays africains ainsi que des pays arabes sont actuellement en train d’étudier cette langue. Les Chinois l’étudient également ; les Coréens la même chose, aux États-Unis on n’en parle même » affirme-t-il.

Les vrais alphabets de la langue poular sont apparus et ça s’appelle Adalama selon Mamadou Liguérin Diallo. Des livres écrits à travers les caractères de l’alphabet Adalama seraient disponible. Une traduction du Coran existe déjà.

L’alphabet Adalama a sa propre conjugaison et ses règles grammaticales et un dictionnaire pour ne citer que ceux-là.

Il a fallu les années 2 000 pour l’arrivée de cette écriture dans la ville de Karamoko Alpha mo Labé, capitale du foutah djallon (où le poular est la langue principale). Sur la question, El Hadj Mamadou Dian Abadjada rappelle : « Cette écriture est à Labé depuis 2009. A leur arrivée, ils se sont concertés avec les responsables religieux de l’époque (El Hadj Thierno Abdourahmane Bah ancien inspecteur régional des affaires religieuses) et il était très fière de cette écriture car il fait partie des promoteurs de cette langue » soutient-il.

Vu l’ampleur et l’intérêt que les chercheurs du monde entier ont pour cette nouvelle écriture, celle-ci est de nos jours reconnu par les organisations internationales renchérit Mamadou Diouldé Sow : « cette langue est reconnue à l’UNESCO jusqu’à l’UNICODE. ADALAMA, c’est l’appellation de cette nouvelle écriture dans son ensemble. C’est les 4 lettres de l’alphabet qu’on a pris pour donner le nom de cette nouvelle écriture. Maintenant quand on dit HALCOULET (en poular) c’est comme si on dit Alphabet » explique monsieur Sow.

Actuellement cet alphabet est enseigné dans certains centre d’apprentissage du coran à Labé et les cours sont donnés par des sages et maîtres coraniques.

Bah Djenabou Labé, pour le courrierdeconakry.com

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