« L’assainissement de Conakry les derniers samedis de chaque mois n’apporte aucun impact », selon un acteur de la société civile

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Le gouvernement guinéen a lancé le 30 juin 2018 une opération d’assainissement de la capitale Conakry. La date retenue est le dernier samedi de chaque mois. A cette occasion, toute circulation est interdite aux usagers qui ne disposent pas de laisser passer. Quel regard certains acteurs de la société civile porte-t-ils sur cette action ? Quels messages lancent-ils au gouvernement pour la réussite de cette opération ? Le Président de Leadership Jeune pour la Paix et de le Développement Leajepad-Guinée, Bangaly Minatagbe Camara a répondu à toutes ces questions dans l’Emission «Case Citoyenne » de la Radio Parlementaire.
Cette opération d’assainissement consiste à débarrasser la capitale des immondices. Mais, malheureusement, certains citoyens n’accompagnent pas cette mesure. Pour le président de leadership jeune pour la paix et le développement, Leajepad Guinée, Bangaly Minatagbe Camara les raisons de leur non-participation sont simples :

« Les citoyens n’adhèrent pas parce qu’il n’y a pas eu de sensibilisation. La communication se fait dans une langue qui n’est pas accessible aux citoyens qui le français et la plus de la moitié des citoyens guinéens n’est pas allée à l’école. Aussi, ils ne connaissent pas la portée du projet initié par le gouvernement, finalement on voit les gens mobilisés par endroit et bloquent la route d’autres restent à la maison, donc l’assainissement de Conakry les samedis n’apporte aucun impact, parce que dans les conditions normales se sont les citoyens qui salissent la ville, se sont eux-mêmes qui doivent en principe nettoyer cette ville qu’ils ont salis et non le gouvernement », a-t-il indiqué.

Selon le président de leadership jeune pour la paix et le développement, les projets de développement à caractère social doivent avoir une dimension de changement positif. Pour y arriver, il propose des solutions : « Il faut commencer par la sensibilisation, créer des cadres de concertations communautaires, impliquer les leaders religieux pour qu’ils puissent sensibiliser dans les mosquées et églises de la capitale par rapport à cette question de sensibilisation. Aussi, permettre aux organisations de la société civile de vulgariser les objectifs de ces assainissements et amener les citoyens à accompagner les politiques du gouvernement par rapport à cette opération », a-t-il suggéré.

Pour rendre Conakry propre, une ville où il fera bon vivre, chaque partie prenante doit jouer pleinement sa partition : « Nous croyons à la collaboration, si chacun comprend et agit normalement, le pays va se développer sans violences, sans animosité. C’est pour cette raison que je souhaite à ce que le gouvernement soit un gouvernement à l’écoute du Peuple, le Président l’a toujours dit mais malheureusement ça ne se fait pas, les ministres sont très éloignés du Peuple. Et être au service du Peuple, c’est ouvrir ses portes aux acteurs de la société civile ; collaborer avec eux dans le cadre du suivi de leurs services », a-t-il souhaité.

Oumar M’Böh pour lecourrierdeconakry.com

 

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