Dans un entretien accordé à notre rédaction, Aboubacar Sylla, PDG de New Africom, a fait une analyse fine sur la problématique du transport urbain à Conakry notamment le cas des mototaxis qui sont interdits par la police nationale dans la commune de Kaloum. Dans son intervention, le fondateur du site d’information, Guinée Culture Magazine, a déploré cette décision hâtive avant de déplorer le comportement des policiers véreux sur le terrain. Il estime qu’avant d’interdire la circulation des mototaxis en ville, il fallait règlementer le secteur qui est devenu pourvoyeur d’emplois. A cet effet, il propose les états généraux des mototaxis.

« Le secteur de mototaxis est devenu aujourd’hui un secteur très sensible, il faut le reconnaître. Il y a des cadres qui sont dans les bureaux qui sont fâchés contre cette décision de la police nationale. Aujourd’hui sort dans la rue, les gens sont entrain de marcher, ils sont en retard au service.

L’Etat doit prendre ses dispositions et s’investir dans la réglementation de ce secteur qui est devenu un secteur pourvoyeur d’emplois et de fonds. Imagine, si tous ces jeunes sont remis au chômage, quand on dit qu’il y a marche, c’est tous ceux-ci qui vont se verser dans la rue pour manifester leur ras-le-bol. Mais si ça trouve qu’ils sont occupés à une activité, ils ne vont jamais sortir. » a expliqué l’homme de médias.

Poursuivant son speech M. Sylla sollicite : « Il faut faire les états généraux des taximotos et mettre quelque chose en place dans l’intérêt supérieur de la nation. », dit-il avant de proposer une astuce.

Sélectionné pour vous :  Réouverture des plages: Le gouvernorat de Conakry envisage des mesures sécuritaires

« Comment réglementer le secteur ? Avant tout, il faut identifier qui est moto taxi ? Ensuite, l’Etat met un schéma de numérotation des motos et un numéro d’identification des conducteurs de mototaxis. C’est-à-dire un permis de taxi comme les véhicules. Maintenant, il réglemente ça par commune ou bien par gouvernorat.

Même en changeant les immatriculations de moto personnelle en moto taxi, c’est un renflouement des caisses de l’Etat. Chaque action mène à un refoulement de la caisse de l’Etat. Aujourd’hui, toutes les motos qu’ils sont en train d’être raflées à Conakry, quand on te prend c’est un million et un million cinq cent. Si la police nationale travaille sincèrement avec l’Etat avec un patriotisme, en une semaine l’Etat aurait eu des milliards dans ça. Ces milliards vont aller dans les infrastructures et ça va régler beaucoup de problèmes pour le pays. »

Plus loin, Aboubacar Sylla, dénonce le comportement des policiers qui favorisent la corruption et l’incivisme : « Malheureusement, les policiers rançonnent les conducteurs de mototaxis pour mettre ça dans la poche. La dernière fois, j’ai vu un policier qui arnaque 50.000 gnf avec un motard, il traverse la route pour aller jouer Guinée Games avec ça. Est-ce que lui, il a travaillé pour l’Etat ou il a travaillé pour ça personne ? Pourtant c’est des policiers qui ont prêté serment. Ils sont formés et pris en charge par l’État. Ils sont payés à chaque fin du mois par l’Etat. Tu verbalise un motard, tu vas aller jouer Guinée Games avec ça, l’Etat doit punir les mototaxis ou punir ces policiers qui sont dans les actes de dépravation dans la rue ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? L’Etat ne se montre pas responsable. Donc, chacun fait ce qu’il veut et où il veut.

Sélectionné pour vous :  7ème édition du PHSJ : c’est parti avec le master class organisé par AFEM

Il y a des motards qui travaillent avec les policiers moyennant quelque chose. Mais quand tu es sous une couverture, tu fais ce que tu veux. Parce que tu n’es pas verbalisé. Dès qu’on t’arrête, tu appelles tel commissaire ou tel commandant et puis on te lâche facilement. Il faut que tout ça cesse. Le directeur général de la police doit être lui-même sur le terrain pour voir le fait réel. »

Il faut signaler que l’interdiction des mototaxis dans la commune Kaloum complique davantage le déplacement dans le centre-ville. A l’instar de notre interlocuteur, de nombreux citoyens se plaignent et subissent l’impact de cette décision de la police nationale.

Ibrahima Soya

LAISSER UN COMMENTAIRE AVEC Facebook