VIH/Sida : un jeune laborantin contraint par sa famille de cacher la maladie de sa sœur

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Malgré la réalité du VIH/Sida en Guinée et dans le monde, il  y a encore une certaine opinion qui a du mal a accepté son existence et même si ces personnes ou leurs proches sont atteintes de la maladie, ils refusent de l’admettre. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le virus du VIH/Sida, un des reporters du Courrier de Conakry a recueilli l’avis des citoyens sur leur perception de cette pathologie.

Dans l’anonymat un jeune stagiaire dans un laboratoire de la capitale a fait un témoignage sur la situation de sa sœur qui vit avec la maladie sans le savoir. Car, la famille l’interdit de divulguer le résultat de la fille qui est actuellement en grossesse et qui risque de contaminer son propre enfant.

« Je crois à l’existence de cette maladie puisque je suis laborantin, donc j’ai vu les réalités surtout en longueur de journée, on n’arrête pas de voir les confirmations dans les labos. J’ai évolué dans un laboratoire, j’ai vu des preuves donc c’est une réalité. Je pense qu’il faut être analphabète pour ne pas croire à l’existence de cette maladie », dit-il avant d’aborder le cas de sa sœur.

« Je vis avec une de mes sœurs à la maison. Récemment j’ai constaté des symptômes en elle. Chaque fois elle tombait malade. Elle est âgée de 19 et a deux enfants. Ainsi j’ai décidé de faire son test pour connaitre son statut et quand je l’ai fait par deux fois c’est sortie positif mais je ne pouvais pas le dire.  Pour en être sûr, je l’ai directement conduit à l’hôpital c’était toujours le même résultat, les médecins ont confirmé que c’est le VIH type 1. De retour à la maison, j’ai en est parler avec la famille. Mais sa maman a commencé à dire  qu’elle ne croît pas à cela que je suis entrain de faire des spéculations que c’est des faux docteurs qui disent n’importe quoi sur sa fille. Pourtant, si elle acceptait, on allait faire en sorte que la fille soit prise en charge et qu’elle puisse vivre normalement. Sa maman a peur du jugement des gens envers sa fille. Jusqu’à présent j’ai le résultat dans mon sac je n’ai pas osé de lui remettre. La fille est actuellement enceinte et son enfant est prédisposée à contracter la maladie », a-t-il témoigné.

Par ailleurs, il faut signaler que malgré les stigmatisations que les malades subissent, il y a quand même des citoyens qui se disent tolérants avec les patients.

Fatoumata Bangoura femme de ménage « Je crois à l’existence de cette maladie. Ça ne me dérange pas de vivre avec lui. Si quelqu’un est malade ce n’est pas de sa faute, je ne vais pas le rejeter pour ça. Puisque c’est être humain qu’on doit soutenir et aimer comme les autres ».

C’est le même avis de Tidjane Barry citoyen : « Je pense que de nos jours, il est important de reconnaitre la réalité du VIH/Sida qui se transmet plus rapidement par des rapports sexuels ou avec les objets tranchants qu’il faut éviter.  Il faut arrêter de stigmatiser les personnes qui vivent avec la maladie. Nous devons les accepter telles qu’elles sont. C’est un devoir pour nous autre de les soutenir pour ne pas aggraver leur situation ».

Il faut indiquer qu’en Guinée plus de 110000 personnes vivent avec le VIH/Sida et 44000 d’entre eux ignorent leur statut. Malgré la gratuité, la majorité des citoyens hésitent d’aller se faire dépister dans les services de santé.

Ibrahima Bah

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