Depuis le 18 février 2026, mercredi des Cendres, les fidèles chrétiens de Guinée sont entrés dans le temps du carême, une période de quarante jours consacrés à la prière, au jeûne et au partage, en préparation de la fête de Pâques. Dans les églises de Conakry comme à l’intérieur du pays, les célébrations ont été marquées par l’imposition de la croix de cendres, geste symbolique accompagné de cette parole : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».
Ce rituel rappelle la fragilité de la condition humaine et appelle à une véritable conversion. Pour Monseigneur Vincent Coulibaly, archevêque métropolitain de Conakry, le carême ne doit pas être réduit à une simple pratique de privation. Il invite les fidèles à « retrouver l’intimité avec Dieu dans le désert de leur cœur » et à s’engager dans un chemin de transformation intérieure, fondé sur la prière, le pardon et le partage.
Dans les paroisses, l’enseignement insiste également sur la sincérité des pratiques. Le prêtre Marc Konaté rappelle les paroles de Jésus invitant à jeûner, prier et donner l’aumône avec discrétion, sans recherche d’apparence. Pour sa part, le père Maxim Cécé Lamah souligne que le carême est avant tout « un temps de renouveau spirituel », en référence aux quarante jours passés par le Christ au désert.
À la paroisse Bienheureuse Anne-Marie-Xavier de Nongo comme à Saint-Etienne de Yimbaya, les fidèles vivent intensément ce temps liturgique. Pour Marianne Traoré, la réception des cendres signifie « l’engagement à accompagner le Christ et à se réconcilier avec Dieu et avec les autres ».
Cette année, le carême coïncide avec le mois de ramadan, créant une période de recueillement partagée entre chrétiens et musulmans. Entre jeûne, prière et solidarité, cette convergence renforce les valeurs de fraternité, de paix et de rapprochement avec Dieu dans un contexte de coexistence religieuse.
Message de l’archevêque de Conakry
Monseigneur Vincent Coulibaly met en garde contre les pratiques non évangéliques qui réduisent le carême à des habitudes extérieures. Il appelle les chrétiens à une conversion sincère, à fuir le péché pour marcher vers la grâce et à devenir des témoins authentiques du Christ dans la vie quotidienne. Pour l’Église de Conakry, le carême 2026 doit être vécu comme une traversée spirituelle vers le renouveau, dans l’humilité, la prière et le partage.
Marie Lisette









