Selon les résultats officiels provisoires, Romuald Wadagni, candidat de la majorité, a été élu sans surprise président de la République avec 94,05% des suffrages.
Les résultats provisoires proclamés dans la nuit de lundi à mardi par la Commission électorale nationale indépendante (Cena) confirment la large avance de Romuald Wadagni. Ces résultats portent sur 90% des bulletins dépouillés. Il va succèdé le 23 mai à Patrice Talon qui tire sa révérence après deux quinquennats, conformément à la Constitution. Au cours de ses deux mandats, le Bénin a connu un boom économique mais aussi une augmentation des violences jihadistes dans le nord et un tour de vis sur les libertés publiques.
Alors que le pays retenait son souffle dans l’attente des chiffres officiels, Paul Hounkpè a choisi de briser le silence. Par un communiqué diffusé ce lundi, le leader des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a acté la victoire de Romuald Wadagni, avant même que la CENA ne monte au créneau. Il obtient 5,95%. Pour beaucoup, ce geste a agi comme une soupape de sécurité, apaisant les tensions post-électorales. Dans les rues, si l’humilité du candidat est saluée, sa rapidité d’exécution divise.
« Ça dénote un peu de la maturité de notre démocratie. C’est sûr que M. Hounkpè a des émissaires dans tout le pays qui ont certainement ramené ses scores dans les différentes contrées, qui l’ont poussé à rapidement déclarer sa défaite ». « Je ne sais pas pourquoi il s’est un peu précipité, puisque logiquement il devait laisser le Sénat dire les dernières tendances. On suppose qu’il a voulu parler, il a voulu féliciter son homologue Wadagni, mais en réalité il ne devait pas s’agiter ». « C’est une preuve d’humilité. Un peu précipité certes, mais à voir tout ce qu’il s’est passé sur le terrain, dans les bureaux de vote respectifs, je pense qu’on ne pourrait pas avoir une autre réaction de Hounkpè que celle qu’il vient de manifester. Donc c’est bon pour la démocratie ».
Mutisme et grandeur
Fait marquant : après la publication de ce texte, le camp de l’opposant Paul Hounkpé s’est muré dans un mutisme total. Ses proches n’ont souhaité faire ni commentaire, ni déclaration supplémentaire. Un silence qui laisse le communiqué pour seul héritage de cette campagne.
Pour Sitou Aloïs Djibom, analyste politique et président du mouvement S.U.D, cette reconnaissance anticipée, bien que solitaire dans sa forme, est une preuve de grandeur qui s’aligne sur la réalité du terrain.
Avec DW










