À l’occasion de l’atelier de restitution de la revue à mi-parcours du Projet d’Appui à la Gouvernance Locale (PAGL2), qui s’est tenu ce jeudi à Conakry, le Directeur Général de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC), Sékou Mawa Touré, nous a accordé une interview. Dans cet entretien, le patron de l’ANAFIC met en lumière les progrès réalisés et les futures orientations du PAGL2, qui doit désormais s’aligner sur le programme stratégique Simandou 2040. Lisez !
Quel est l’objectif de cet atelier de restitution de la revue à mi-parcours ?
Comme vous le savez, le gouvernement guinéen, en accord avec son partenaire technique et financier, la Banque mondiale, a initié le PAGL2 à travers un accord de crédit signé pour une mise en œuvre sur une période de cinq ans. Les dispositions de cet accord prévoient qu’à mi-parcours du projet, les parties s’arrêtent pour faire le point. Il s’agit non seulement d’évaluer objectivement les résultats obtenus, mais aussi d’en tirer les leçons nécessaires et de formuler des recommandations d’amélioration afin d’atteindre pleinement les objectifs de développement fixés.
Vous avez parlé d’un « profond sentiment de responsabilité » en ouvrant cet atelier. Qu’est-ce que le PAGL2 représente concrètement pour les populations guinéennes, et pourquoi cette revue est-elle un moment si important ?
Le PAGL2 est un projet d’appui à la gouvernance locale. Cela signifie qu’il a pour vocation d’aider les collectivités à assurer une gestion saine, équitable, performante et efficiente des ressources mises à leur disposition. En amont, l’État a déjà consenti d’importants efforts en déployant trois guichets de financement majeurs : le FNDL, le FODECON et le FODEL.
Cependant, si la mise à disposition de ces enveloppes est une excellente chose, le défi majeur réside dans la gouvernance de ces ressources au niveau local. C’est précisément là qu’intervient le PAGL2. Notre objectif est de renforcer les capacités des acteurs locaux impliqués dans la gestion publique afin de garantir que chaque centime dépensé serve effectivement à réaliser des actions concrètes au profit des populations bénéficiaires.
Depuis le lancement du PAGL2, l’ANAFIC a accompagné 362 communes dans leur développement. Sur le terrain, qu’est-ce qui a véritablement changé dans la gestion des ressources et l’implication des citoyens ?
À ce stade, je préfère parler de résultats plutôt que de changements, car le mot changement fait directement référence à l’impact à long terme. À mi-parcours, ce sont les résultats intermédiaires qui nous guideront vers les impacts souhaités. Bien qu’il soit encore tôt pour évaluer une transformation physique globale, nous constatons déjà une nette évolution des comportements et des pratiques de gestion.
L’un des acquis majeurs du projet est la transition d’une comptabilité manuelle classique, tenue sur des registres physiques, vers une comptabilité dématérialisée. Nous déployons actuellement un nouveau logiciel de gestion, de manière progressive, à travers une phase pilote lancée dans dix communes. En attendant sa généralisation, nous avons doté les collectivités d’un tableur normé qui leur permet de générer automatiquement les états financiers conformément aux exigences des lois et règlements en vigueur.
À l’issue de cette revue, quelles sont vos attentes principales ?
Comme je l’ai souligné dans mon allocution d’ouverture, j’attends de l’ensemble des acteurs un engagement responsable et une analyse rigoureuse et objective des résultats. Ce diagnostic sincère doit nous permettre d’identifier précisément les forces et les faiblesses de notre démarche. Les recommandations qui en découleront serviront à optimiser les efforts déjà déployés pour ce projet capital, qui a la particularité rare de couvrir l’ensemble du territoire national de la République de Guinée.
Vous avez cité le programme Simandou 2040 comme horizon stratégique. Comment le PAGL2 contribue-t-il à bâtir cette Guinée prospère et quel rôle l’ANAFIC entend-elle jouer dans cette transformation ?
Le PAGL2 s’inscrit pleinement dans la dynamique du programme Simandou 2040. Même si ce projet a été négocié avant le lancement officiel de cette vision nationale, il demeure un instrument de l’État guinéen et doit, par conséquent, s’arrimer aux priorités nationales. Durant cette revue à mi-parcours, notre priorité est de nous assurer que les objectifs du projet concordent parfaitement avec la vision portée par le chef de l’État et le gouvernement, qui dessine le développement de la Guinée pour les quinze prochaines années.
Concrètement, après cet atelier, notre première action sera d’accompagner les collectivités locales pour aligner leurs Plans de Développement Local (PDL) déjà existants sur les piliers de Simandou 2040. Le Code des collectivités a transféré 22 domaines de compétences aux communes, et chacune de ces compétences se rattache directement à l’un des axes de cette vision nationale. Ce travail d’harmonisation textuelle et opérationnelle est indispensable pour garantir le développement équilibré auquel nous aspirons, en connectant directement les actions de la base aux grandes ambitions nationales.
Propos recueillis par Ibrahima Soya









