Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la Délégation Spéciale de la commune de Ratoma, a comparu ce lundi 22 juin devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), à l’ouverture de son procès. Lui et Mohamed Camara, receveur de la mairie, sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Après avoir décliné leurs identités devant le tribunal, les deux accusés ont nié les faits qui leur sont reprochés. Sans entrer dans le fond du dossier, le juge a décidé de renvoyer l’affaire au 29 juin prochain. Ce renvoi fait suite à la demande de la défense, notamment du prévenu Ahmed Sékou Traoré, qui a indiqué ne pas être encore prêt pour le jugement.
Son avocat, Me Lancinet Sylla, a souligné au micro des journalistes que son client est dans son droit de solliciter un délai : « Selon l’article 464 du code de procédure pénale, la personne poursuivie à le droit de demander un délai afin d’assurer sa défense », a-t-il déclaré.
Concernant les graves accusations portées contre M. Traoré, l’avocat a réagi en affirmant : « À chaque fois que des personnes sont poursuivies, on aligne des qualifications correspondant aux infractions relevant des compétences de la CRIEF… On cherche à colmater des faits çà et là pour combler des vides. Nous sommes habitués à cela. »
Après l’ouverture du procès, il se poursuivra le lundi prochain à la CRIEF pour les débats de fond avec certainement la présence de l’agent judicaire de l’Etat qui était absent dans la salle ce matin.
Il convient de rappeler que, contrairement à Badra Koné, ancien président de la Délégation Spéciale de Matam, incarcéré à la maison centrale de Conakry avant de bénéficier d’une liberté provisoire, Ahmed Sékou Traoré et son co-accusé ne sont pas incarcérés.
Affaire à suivre !
Ibrahima Soya




