À la suite de l’annonce de la convocation de la session inaugurale des conseillers communaux, l’on apprend que l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Guillaume Hawing, accompagné de sa délégation, s’est rendu auprès des conseillers élus de la commune de Sanoyah afin de les convaincre d’élire Yakha Kanké à la tête de la mairie. Mais cette proposition a été immédiatement rejetée par les femmes de la localité.
En tant que militantes, elles se sont rendues au siège de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), à Kaloum, pour protester contre la désignation de Yakha Kanké, qu’elles considèrent comme illettrée et incompétente pour diriger la commune pendant cinq ans. Munies de pancartes, elles ont demandé aux autorités compétentes de leur laisser choisir démocratiquement le ou la maire de Sanoyah.

Henriette Kamano, conseillère élue sur la liste de la GMD, a déclaré : « Aujourd’hui, nous avons reçu la visite du directeur régional, monsieur Guillaume. Il est venu rappeler à ceux qui ont choisi leurs candidats qu’au jour du vote, chacun doit voter pour la personne de son choix, Yakha Kanké. Pour ma part, je tiens à préciser que j’ai travaillé sans relâche lors des différentes élections, depuis les référendaires jusqu’aux communales. Dire que tout cela serait vain est impensable.
Nous ne sommes pas ici pour servir une tierce personne ou pour prendre parti. Chaque candidat est là pour défendre sa propre cause. Nous avons souffert, nous avons mouillé le maillot pour arriver là où nous sommes aujourd’hui. À Sanoyah, toute la population s’est mobilisée lors du référendaire, des élections communales et présidentielles. C’est Sanoyah qui a porté haut la voix, qui a dit “oui” à la nouvelle constitution, qui a dit “oui” à Mamadi Doumbouya, et qui a dit “oui” aux élections communales.
Nous voulons donc que rien ne nous soit imposé. En tant que candidats élus par le peuple, nous avons le plein droit de choisir qui sera notre maire. Mais qu’on ne nous oblige pas à voter pour Paul ou pour Pierre. La démocratie, c’est voter librement pour la personne que nous voulons. »
Après avoir exprimé leur désaccord, ces femmes militantes de la mouvance présidentielle ont été sensibilisées par Kélety Doumbouya, responsable au sein de la GMD. Celui-ci leur a demandé de regagner leurs domiciles, tout en assurant que leur message serait transmis au Premier ministre Bah Oury et au Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, qui, selon lui, a consacré son mandat aux femmes et aux jeunes.
Ibrahima Soya




