L’audience du Colonel Bienvenu Lamah s’est poursuivie ce lundi 29 juin au tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Ce procès s’inscrit dans le cadre du second volet du dossier du massacre du 28 septembre 2009. L’officier de gendarmerie, cité par Toumba Diakité, est poursuivi pour complicité présumée de meurtres, assassinats, viols, enlèvements, abus d’autorité et non-assistance à personne en danger.
Devant la barre, le prévenu a nié en bloc les accusations, notamment celles liées au déploiement des recrues de Kaléya au stade le jour du massacre. Le ministère public lui attribue pourtant une responsabilité de commandement. Lamah a insisté sur son innocence, affirmant n’avoir jamais dirigé l’école militaire de Kaléya ni envoyé d’éléments au stade. Il a brandi des documents à l’appui et s’est remis à la décision du tribunal :
« Nous devons dire la vérité. La liberté, c’est dans la tête. Moi je suis libre, je suis tranquille. Quoi qu’il en soit, j’accepte l’issue du verdict. »
Après les plaidoiries de la défense et les répliques de la partie civile, le juge a renvoyé l’affaire au 27 juillet prochain pour la délibération.
La défense plaide la nullité de la procédure

Son avocat, Me Zézé Kalivogui, estime que son client doit être acquitté. Il a dénoncé des irrégularités dans la procédure, notamment l’audition de témoins anonymes et l’absence d’autorisation préalable du juge d’instruction, en violation de l’article 865 du code de procédure pénale. Selon lui, ces manquements rendent la procédure caduque :
« Tous les actes posés s’exposent à la nullité. Et conséquemment, la procédure elle-même doit être annulée. »
Le parquet requiert une lourde peine
Dans ses réquisitions, le parquet a demandé une condamnation à 10 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 5 ans. Le verdict final sera rendu le 27 juillet.
Ibrahima Soya






