Suite à la demande croissante en gaz butane, l’État guinéen prépare une ouverture maîtrisée du capital de l’entreprise publique FAPGAZ afin de soulager les ménages. Le but des autorités guinéennes est d’attirer des investissements privés pour moderniser les infrastructures, sans pour autant abandonner la mission de service public.
C’est dans cette perspective qu’une mission conjointe du ministère en charge des Hydrocarbures et de celui de l’Économie et des Finances s’est rendue samedi dernier à l’usine de fabrication et de requalification de gaz butane à Konta. L’objectif était de constater les réalités du terrain avant la concrétisation officielle du projet. Cette visite a permis de confronter les analyses financières aux réalités techniques. Sur place, la délégation a pu évaluer les acquis tangibles de l’usine tout en chiffrant précisément les enveloppes nécessaires à son extension.
Si cette transition vers une énergie plus propre est perçue comme une victoire environnementale, elle place aujourd’hui le Fonds d’Appui à la Promotion du Gaz face à un défi de taille : un besoin urgent de financements pour dimensionner ses capacités industrielles et logistiques.
Face à cette situation, l’État guinéen, actionnaire unique de la société, a tranché. Les seules ressources publiques ne pouvant plus couvrir durablement ces investissements massifs, le gouvernement s’oriente vers une ouverture maîtrisée et juridiquement encadrée du capital de FAPGAZ.
Le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures se veut rassurant : il ne s’agit pas d’une privatisation sauvage. L’État entend conserver le contrôle de cette entreprise stratégique pour préserver sa mission de service public et protéger le pouvoir d’achat des ménages. Cette ouverture de capital vise avant tout à : mobiliser de nouveaux financements nationaux et internationaux ; attirer des expertises techniques complémentaires ; moderniser la gouvernance de la société.
D’après le département, les grandes manœuvres financières ont déjà commencé et plusieurs démarches ont été entreprises auprès d’institutions financières. Preuve de l’avancement du dossier, une délégation du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget — l’autorité de tutelle financière — s’est récemment rendue sur le terrain pour visiter les installations de l’usine de Konta.
Pour les autorités, conforter FAPGAZ dépasse la simple réponse à une urgence logistique. L’enjeu est global : il s’agit de bâtir une filière gazière moderne, résiliente et compétitive. En sécurisant ses capacités de stockage et de distribution, la Guinée cherche à se prémunir des chocs du marché mondial de l’énergie et des tensions géopolitiques futures.
À l’heure où la transition énergétique est au cœur des débats africains, consolider FAPGAZ aujourd’hui apparaît comme le moyen choisi par l’État guinéen pour protéger le portefeuille des usagers, préserver les forêts guinéennes de la déforestation liée au charbon de bois, et garantir, dès demain, la souveraineté énergétique de la Nation.
Ibrahima Soya






