• Interview
  • Reportage
  • Contact
Le Courrier de Conakry
Advertisement
  • Accueil
  • Angle F
  • Actualités
  • Sport
  • TERRA
    • Boké
    • Faranah
    • Labé
    • Kankan
    • Kindia
    • Mamou
    • N’Zérékoré
  • International
  • Opinion & Débats
  • Courrier à
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Angle F
  • Actualités
  • Sport
  • TERRA
    • Boké
    • Faranah
    • Labé
    • Kankan
    • Kindia
    • Mamou
    • N’Zérékoré
  • International
  • Opinion & Débats
  • Courrier à
No Result
View All Result
Le Courrier de Conakry
No Result
View All Result
Accueil Actualités

Interdiction des sachets d’eau : entretien exclusif avec le juriste et défenseur de l’environnement Mohamed Condé

Le courrier De Conakry de Le courrier De Conakry
29/09/2026
in Actualités, Interview
1 0
0
Mohamed Condé, activiste de l'environnement

Mohamed Condé, activiste de l'environnement

0
SHARES
7
VIEWS
Share on FacebookShare on Twitter

Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction des plastiques à usage unique en Guinée, la suppression des sachets d’eau fait débat. Mohamed Condé, juriste, analyste et défenseur de l’environnement depuis plus de dix ans, livre une analyse sans concession. Tout en soutenant la lutte contre la pollution, il alerte sur les risques sanitaires et sociaux. Il propose également des pistes de solutions. Lisez l’entretien que M. Condé a accordé à un reporter du Courrier de Conakry !

Le Courrier de Conakry : En tant que défenseur de l’environnement depuis plus de 10 ans, que pensez-vous globalement de l’interdiction des sachets plastiques en Guinée ?

Mohamed Condé : Je voudrais d’abord préciser une chose essentielle : je ne suis pas opposé à la protection de l’environnement. Bien au contraire. Je défends les questions environnementales depuis plus de dix ans et je considère que la lutte contre la pollution plastique est une nécessité pour la Guinée.

Nos rues, nos caniveaux, nos cours d’eau et certains espaces publics sont fortement affectés par les déchets plastiques. Il est donc parfaitement légitime pour l’État de prendre des mesures fortes.

D’ailleurs, l’interdiction des plastiques à usage unique est désormais entrée en vigueur en Guinée depuis le 20 septembre 2026, et les sachets d’eau figurent parmi les produits concernés.

Mais je pense qu’une réforme environnementale ne doit pas être évaluée uniquement à partir de son objectif. Il faut également regarder ses conséquences sociales, sanitaires et économiques.

Ma position est donc simple : oui à la lutte contre le plastique, mais oui également à une transition réaliste, progressive et accompagnée.

La question que je pose n’est pas : « Faut-il protéger l’environnement ? »

La réponse est évidemment oui.

La vraie question est : comment le faire sans fragiliser davantage les populations qui disposent de moins de moyens ?

Selon vous, les autorités guinéennes ont-elles manqué de réalisme en intégrant spécifiquement les sachets d’eau dans cette interdiction générale ?

Je dirais plutôt qu’il faut réexaminer les modalités d’application de cette mesure à la lumière de la réalité du terrain.

Je comprends parfaitement la logique environnementale qui consiste à considérer le sachet d’eau comme un déchet plastique à usage unique. Mais l’eau n’est pas un produit ordinaire.

Lorsqu’on interdit un emballage utilisé pour transporter des marchandises, les conséquences ne sont pas les mêmes que lorsqu’on touche directement à un produit aussi essentiel que l’eau destinée à la consommation humaine.

La question fondamentale est donc celle de l’alternative.

Est-ce que chaque famille qui achetait son paquet de sachets dispose aujourd’hui, à proximité, d’une autre source d’eau potable, contrôlée, disponible et financièrement accessible ?

C’est cette question qui doit être au cœur du débat.

Les données disponibles montrent d’ailleurs que l’accès à l’eau potable reste un enjeu important en Guinée. Les données UNICEF indiquent qu’en 2022, environ 71 % de la population disposait d’un service élémentaire d’eau potable, ce qui signifie qu’une partie importante de la population reste confrontée à des difficultés d’accès.

Je ne dis donc pas que l’interdiction est nécessairement mauvaise dans son principe. Je dis qu’une interdiction portant sur un produit aussi intimement lié à l’accès quotidien à l’eau doit être accompagnée d’alternatives suffisamment développées.

Le paquet de sachets reste une solution accessible. Que faudrait-il mettre en place pour permettre aux populations, notamment aux familles les plus vulnérables, de continuer à se procurer de l’eau à un prix abordable ?

C’est précisément le cœur de ma préoccupation. Avant de retirer une solution utilisée quotidiennement par une partie de la population, il faut mettre en place une véritable infrastructure alternative de distribution d’eau potable.

Je pense notamment à : des fontaines publiques sécurisées ; des points de distribution d’eau potable contrôlée ; des bornes-fontaines à proximité des quartiers populaires ; des systèmes de remplissage de contenants réutilisables ; des bonbonnes consignées ; des bouteilles réutilisables ou recyclables ; et un système efficace de contrôle de la qualité de l’eau.

Il faut également réfléchir au prix.

Une alternative qui existe mais qui coûte deux ou trois fois plus cher n’est pas véritablement une alternative pour une famille à faibles revenus. Il faut donc travailler sur l’accessibilité physique, sanitaire et économique de l’eau. Je ne demande pas que l’État renonce à sa politique environnementale. Je demande que l’État puisse dire aux citoyens : « Voici le produit que nous retirons du marché, et voici l’alternative que nous mettons à votre disposition. » C’est cela une transition responsable.

Dans votre tribune, vous affirmez que cette mesure environnementale pourrait provoquer un problème de santé publique. Comment la suppression d’un déchet plastique peut-elle aggraver les risques de maladies hydriques en Guinée ?

Je voudrais être très précis sur ce point, parce que je ne veux pas que mes propos soient déformés. Je n’ai jamais dit que l’interdiction des sachets d’eau provoquerait mécaniquement ou automatiquement des maladies hydriques. Ce serait scientifiquement excessif.

Ce que je dis, c’est qu’il existe un risque potentiel lié à l’absence d’alternative sûre.

Si une famille avait recours à une eau conditionnée parce qu’elle ne disposait pas d’une autre source fiable et que cette possibilité disparaît, elle peut être amenée à rechercher une autre source. Or, selon les circonstances, cette autre source peut être insuffisamment protégée, contrôlée ou traitée. C’est là que se situe mon inquiétude.

L’UNICEF souligne lui-même que l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement demeure un enjeu important en Guinée et que ces facteurs sont liés à la prévention notamment de maladies comme la diarrhée. (UNICEF)

Donc, mon raisonnement est très simple : Si nous voulons supprimer une solution d’accès à l’eau, nous devons simultanément renforcer les autres solutions d’accès à l’eau. Je refuse simplement que nous opposions environnement et santé publique. Les deux doivent avancer ensemble.

Des usines de conditionnement aux vendeurs ambulants, c’est tout un secteur économique qui vit de l’eau en sachet. Ne risque-t-on pas de transformer une crise écologique en un choc social majeur ?

C’est effectivement l’une de mes préoccupations. Derrière un sachet d’eau, il n’y a pas seulement un consommateur. Il y a un producteur, une usine, des employés, des fournisseurs, des transporteurs, des grossistes, des détaillants et des vendeurs ambulants. C’est toute une chaîne économique.

Je ne souhaite donc pas que la lutte contre la pollution plastique se traduise par une disparition brutale de revenus pour des milliers de personnes sans solution de reconversion.

Je considère que l’État doit anticiper cette transformation. Une réforme réussie n’est pas simplement une réforme qui interdit. C’est une réforme qui prévoit également ce qui vient après l’interdiction.

Nous devons donc nous demander : que deviennent les travailleurs ? Que deviennent les investissements réalisés dans ces unités ? Comment reconvertir les entreprises ? Comment préserver une partie des emplois ?

La transition écologique doit également être une transition économique et sociale.

Vous demandez à l’État d’accompagner les producteurs au lieu de les condamner. Quelles sont les alternatives industrielles immédiates qui permettraient de sauver ces emplois ?

Il existe plusieurs pistes.

La première consiste à accompagner les producteurs vers des emballages recyclables ou réutilisables, lorsque cela est techniquement et économiquement viable.

La deuxième est de développer des systèmes de conditionnement en grands formats, notamment les bonbonnes réutilisables.

La troisième est de favoriser les systèmes de distribution d’eau potable avec des contenants consignés.

La quatrième est de développer une véritable industrie nationale du recyclage.

Et la cinquième, qui me paraît fondamentale, est d’accompagner financièrement et techniquement les entreprises qui souhaitent transformer leur modèle économique.

Je ne veux pas que l’on oppose environnement et industrie.

Au contraire, nous pouvons faire de la transition environnementale une opportunité pour créer une nouvelle industrie guinéenne du recyclage, du réemploi et des emballages durables. Il faut transformer les entreprises plutôt que simplement les faire disparaître.

Vous suggérez de créer une contribution environnementale sur le plastique plutôt que de l’interdire. Comment cela pourrait-il résoudre le problème de l’insalubrité sans pénaliser le portefeuille des plus pauvres ?

L’idée n’est pas de créer une taxe supplémentaire qui serait finalement supportée par le consommateur pauvre. L’objectif serait de créer un mécanisme de responsabilité environnementale.

Les producteurs et importateurs pourraient contribuer à un fonds destiné exclusivement à financer : la collecte des déchets plastiques ; leur récupération ; leur tri ; leur recyclage ; la sensibilisation ; et la création d’emplois dans l’économie circulaire.

Mais ce système devrait être conçu avec beaucoup de prudence.

Si la contribution est intégralement répercutée sur le prix de l’eau, elle risque effectivement de pénaliser les ménages modestes.

Il faut donc réfléchir à un mécanisme dans lequel celui qui met le plastique sur le marché contribue au financement de la gestion de son impact environnemental.

Cela pourrait également encourager les producteurs à réduire progressivement la quantité de plastique utilisée et à investir dans des emballages plus durables.

Je défends donc le principe suivant : faire payer le coût environnemental du plastique sans faire supporter l’intégralité de ce coût aux populations les plus vulnérables.

Votre tribune se termine par un appel direct au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Si vous étiez reçu aujourd’hui à la Présidence, quelle serait la toute première décision d’ajustement que vous lui demanderiez de signer ?

Si j’avais l’honneur d’être reçu par le Président de la République, ma première demande serait très simple : mettre en place une période de transition et d’évaluation spécifiquement consacrée à l’accès à l’eau potable et aux conséquences sociales de l’interdiction des sachets d’eau.

Je ne lui demanderais pas d’abandonner l’objectif environnemental. Je lui demanderais de sécuriser la transition.

Concrètement, je proposerais la mise en place rapide d’une commission ou d’un cadre de concertation réunissant les ministères concernés, les producteurs, les distributeurs, les associations de consommateurs, les spécialistes de l’eau, les acteurs environnementaux et les représentants des populations.

Cette structure pourrait évaluer : la disponibilité réelle des alternatives ; leur prix ; leur qualité sanitaire ; leur accessibilité dans les quartiers populaires et les zones rurales ; l’impact sur les emplois ; les possibilités de reconversion des producteurs ; les capacités nationales de recyclage.

Et surtout, je demanderais que le développement des alternatives à l’eau en sachet soit accéléré parallèlement à l’application de l’interdiction.

Parce que mon message n’est pas : « Ne protégeons pas l’environnement. »

Mon message est : « Protégeons l’environnement sans exposer les populations vulnérables à une nouvelle difficulté. »

La Guinée doit pouvoir être ambitieuse sur le plan environnemental tout en restant attentive à sa réalité sociale. Nous devons protéger nos rues, nos fleuves, nos sols et nos océans. Mais nous devons également protéger la santé, l’emploi et le pouvoir d’achat des Guinéens.

C’est pourquoi je résume ma position en trois phrases :

Avant d’interdire le sachet d’eau, garantissons l’eau potable.

Avant de fermer une industrie, préparons sa reconversion.

Avant de supprimer une solution accessible aux populations modestes, mettons en place une alternative réellement accessible.

C’est cela, à mon sens, une réforme responsable.

Gouverner, c’est prévoir. Réformer, c’est anticiper. Et protéger la population, c’est penser en priorité à ceux qui disposent du moins de moyens.

Merci !

Propos recueillis par Ibrahima Soya

LAISSER UN COMMENTAIRE AVEC Facebook
Tags: Eauenvironnement GuinéeSachets plastiques
Previous Post

Éliminatoires CAN 2027 : La Guinée atterrit à Conakry à l’aube après un voyage chaotique

Le courrier De Conakry

Le courrier De Conakry

Communiqués Publireportages

  • All
  • Communiqué / Publireportage
Guinée : vers une ouverture du capital de FAPGAZ pour garantir la souveraineté énergétique

Guinée : vers une ouverture du capital de FAPGAZ pour garantir la souveraineté énergétique

21/09/2026
FAPGAZ : les ministères de l’Hydraulique et des Finances sur le terrain à l’usine de Konta 

FAPGAZ : les ministères de l’Hydraulique et des Finances sur le terrain à l’usine de Konta 

21/09/2026
La Guinée au RIAFCO : une année d’influence au cœur de la décentralisation africaine

La Guinée au RIAFCO : une année d’influence au cœur de la décentralisation africaine

25/06/2026
DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 22 juin 2026

DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 22 juin 2026

25/06/2026
Avis de recrutement: Action Education recrute un Chef.fe de projet Compétence Pour Demain (CPD)

Action Education: Avis de recrutement d’un Comptable de projet (OICC)

24/06/2026
DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 02 juin 2026.

DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 19 juin 2026

20/06/2026
DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 02 juin 2026.

DISPONIBILITE DU GAZ DANS LES POINTS DE VENTE : journée du 18 juin 2026

20/06/2026
Le Courrier de Conakry

Le courrier de Conakry est un journal en ligne. Il revendique une plume indépendante et impartiale. Ce journal est heureux de vous offrir l'actualité Guinéenne à travers une équipe basée à Conakry et des correspondants dans les capitales de région

Follow Us

Browse by Category

  • Actualités
  • Angle F
  • Boké
  • Communiqué / Publireportage
  • Courrier à
  • Culture
  • Dans la Presse
  • Economie
  • Faranah
  • International
  • Interview
  • Kankan
  • Kindia
  • Labé
  • Mamou
  • N'Zérékoré
  • Opinion & Débats
  • Politique
  • Reportage
  • Santé
  • Societé
  • Sport
  • TERRA
  • Vidéo

Recent News

Mohamed Condé, activiste de l'environnement

Interdiction des sachets d’eau : entretien exclusif avec le juriste et défenseur de l’environnement Mohamed Condé

29/09/2026
Éliminatoires CAN 2027 : La Guinée atterrit à Conakry à l’aube après un voyage chaotique

Éliminatoires CAN 2027 : La Guinée atterrit à Conakry à l’aube après un voyage chaotique

29/09/2026
  • Interview
  • Reportage
  • Contact

© 2026 lecourrierdeconakry.com - Tous droits réservés.

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Add New Playlist

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Angle F
  • Actualités
  • Sport
  • TERRA
    • Boké
    • Faranah
    • Labé
    • Kankan
    • Kindia
    • Mamou
    • N’Zérékoré
  • International
  • Opinion & Débats
  • Courrier à

© 2026 lecourrierdeconakry.com - Tous droits réservés.

Chargement des commentaires…

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.