À la veille de la célébration du 68e anniversaire de l’accession de la République de Guinée à la souveraineté nationale, l’ex-président Alpha Condé s’est adressé à la nation via son compte officiel Facebook. Dans son discours, le chef d’État déchu a rappelé la portée historique du 2 octobre et la contribution du peuple à l’indépendance de la Guinée.
« Cette date historique ne doit appartenir ni à une génération, ni à un parti, encore moins à une junte. Elle appartient au peuple, à ceux qui ont combattu pour notre souveraineté et à tous ceux qui font vivre la République et ses valeurs », a-t-il déclaré.
Revenant sur son passage à la tête du pays, Alpha Condé a évoqué les réformes engagées pour le développement tout en reconnaissant, pour la première fois avec autant de clarté, les manifestations meurtrières survenues sous son règne.
« Une lecture honnête de notre histoire doit reconnaître ces acquis sans nier les insuffisances et les erreurs de cette période. La Guinée de 2011 à 2021 a aussi connu des manifestations meurtrières, des arrestations, des tensions politiques et des accusations d’usage excessif de la force. Je m’incline, au nom de l’État guinéen, devant la mémoire de toutes les victimes de ces épisodes sombres de notre histoire commune », a-t-il admis.
Poursuivant son allocution, le professeur Alpha Condé a profité de l’occasion pour critiquer le coup d’État militaire perpétré contre son régime en septembre 2021 : « La Guinée n’avait pas besoin d’un coup d’État militaire. Les réalités du moment le prouvent ».
L’ancien président assure que, depuis ce putsch, le pays n’a connu aucune progression et accuse les nouveaux dirigeants de ne pas respecter leurs engagements. Il pointe notamment du doigt les violations des droits de l’homme, marquées selon lui par l’interdiction des manifestations et la dissolution des partis politiques.
« Le 2 octobre ne doit pas être l’occasion de réécrire notre histoire, mais de la comprendre. Nous devons reconnaître les violations documentées et les souffrances subies, mais surtout refuser que la Guinée soit enfermée dans un éternel affrontement entre des individus qui ont braqué notre pays et ses richesses. La République est plus grande que cette junte de narcotrafiquants. Un peuple engagé pour défendre sa dignité et son destin ne redoute aucune arme ni aucun groupe de criminels. La Nation guinéenne est plus grande que les militaires comme elle est plus grande que les civils. Notre drapeau n’appartient à personne. Il appartient à tous les Guinéens respectueux de notre mémoire collective. Notre responsabilité collective est de construire une République dans laquelle aucun citoyen n’est au-dessus de la loi ni en dessous de la dignité, et qui libère chacun de l’arbitraire, de la peur, de l’injustice et de la pauvreté. »
Il faut rappeler que depuis son départ de Conakry pour un séjour médical à l’étranger, Alpha Condé vit loin de son pays, qu’il a dirigé pendant 11 ans.
Ibrahima Soya







