L’interdiction des plastiques à usage unique, notamment les sachets d’eau, est entrée en vigueur en République de Guinée il y a un peu plus de deux semaines. Cette décision des autorités guinéennes a déjà un impact considérable sur le quotidien de la population. Jusqu’ici, les ménages à faibles et moyens revenus recouraient massivement à ces sachets d’eau très abordables pour s’hydrater. Désormais, ces derniers ont disparu de la circulation, tandis que l’eau en bouteille reste inaccessible pour de nombreuses familles en raison d’un prix jugé exorbitant. Face à cette pénurie d’eau conditionnée propre à la consommation, l’activiste écologiste Mohamed Condé alerte sur les risques de santé publique et le chômage technique des jeunes qui travaillaient dans la production et la distribution.
« Si une famille avait recours à une eau conditionnée parce qu’elle ne disposait pas d’une autre source fiable et que cette possibilité disparaît, elle peut être amenée à rechercher une autre source. Or, selon les circonstances, cette autre source peut être insuffisamment protégée, contrôlée ou traitée. C’est là que se situe mon inquiétude. L’UNICEF souligne lui-même que l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement demeure un enjeu important en Guinée et que ces facteurs sont liés à la prévention notamment de maladies comme la diarrhée. Donc, mon raisonnement est très simple : si nous voulons supprimer une solution d’accès à l’eau, nous devons simultanément renforcer les autres alternatives. Je refuse simplement que nous opposions environnement et santé publique. Les deux doivent avancer ensemble », explique-t-il.
Poursuivant son argumentation, il précise : « Je ne veux pas que l’on oppose environnement et industrie. Au contraire, nous pouvons faire de la transition environnementale une opportunité pour créer une nouvelle industrie guinéenne du recyclage, du réemploi et des emballages durables. Il faut transformer les entreprises plutôt que simplement les faire disparaître. »
Parmi ses pistes de solutions, Mohamed Condé propose notamment d’accompagner financièrement et techniquement les entreprises qui souhaitent faire évoluer leur modèle économique.
Face à la rareté du produit sur le marché, le gouvernement guinéen, à travers le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME, a mis en garde contre toute augmentation spéculative du prix des bouteilles d’eau. Cependant, depuis l’annonce de cette interdiction, l’État n’a encore proposé aucune alternative concrète pour soulager la population.
Ibrahima Soya







