Décidément, la révocation des passeports guinéens semble être la nouvelle méthode des autorités pour restreindre la liberté de circulation des opposants vivant en exil. Après le cas du président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, informé de la révocation de son document de voyage alors qu’il s’apprêtait à prendre part à la 81e session ordinaire des Nations unies — tenue au mois de septembre dernier aux États-Unis d’Amérique —, c’est au tour de deux responsables du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) d’être bloqués à l’aéroport d’Abidjan. Il s’agit de Sékou Koundouno, responsable des stratégies et de la planification du front, et d’Ibrahima Diallo, responsable des opérations.
Ces deux activistes, qui luttent pour l’État de droit en Guinée, s’étaient rendus en Côte d’Ivoire pour assister aux obsèques de Sidya Touré, président de l’UFR et ancien Premier ministre sous le régime de Lansana Conté. C’est au moment de quitter le territoire ivoirien qu’ils ont été informés par la police de l’air et des frontières que leurs passeports avaient été révoqués. Cette mesure les empêche de regagner la Belgique, où ils s’étaient exilés après la dissolution de leur plateforme par le pouvoir guinéen.
« La Coordination nationale du FNDC apporte son soutien aux camarades Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, qui ont vu leur passeport révoqué par la junte. Cette énième folie liberticide de la junte n’est que l’expression de la peur et de la paranoïa qui habitent Mamadi Doumbouya et ses sbires. Restons concentrés sur le combat, car la peur a changé de camp », peut-on lire sur la page officielle du FNDC.
Faute de passeports valides, ces dirigeants du FNDC se retrouvent bloqués en Côte d’Ivoire et contraints d’y séjourner en attendant d’obtenir de nouveaux documents de voyage.
À Conakry, malgré les sollicitations des médias, les autorités ne se sont pas officiellement prononcées sur la révocation des passeports. Pourtant, l’opinion publique guinéenne souhaite en savoir davantage sur les motifs de l’annulation de ces documents de voyage de citoyens guinéens vivant à l’étranger.
Ibrahima Bah








