Le coup d’envoi de la 4ème édition de la Guinea Fintech Week a été officiellement donné ce mercredi 21 octobre dans un grand hôtel de Conakry. Présidée par le premier vice-gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), El hadj Mohamed Lamine Conté, la cérémonie d’ouverture a mis à l’honneur le Rwanda, pays invité d’honneur de cette édition 2026.
L’événement affiche une mobilisation d’envergure. Durant deux jours, 67 intervenants nationaux et internationaux — issus d’institutions publiques, de banques, de fintechs et de fonds d’investissement — animeront des panels exécutifs, des dialogues institutionnels et des masterclasses. Les participants échangeront autour du thème central : « Du dialogue à l’exécution : bâtir l’infrastructure financière de la Guinée de demain ». L’objectif est désormais de traduire les réflexions en actions concrètes pour soutenir la croissance économique nationale.
Dans son discours de circonstance, le Commissaire Général de l’événement, Ibrahima Kalil Kaba, a rappelé l’ambition de cette édition :
« Nous sommes à la 4ème édition après 3 belles années d’expérience. Aujourd’hui, on a la chance d’être honorés par le premier vice-gouverneur de la BCRG sur une thématique très importante : passer du dialogue à l’exécution. La keynote d’ouverture en dit long sur la volonté du régulateur à jouer un rôle de premier plan pour rendre ce secteur plus attractif et favorable au développement des fintechs. Nous voulons positionner la Guinea Fintech Week comme une plateforme de dialogue public-privé où l’on opère les réformes dont le secteur financier a besoin. »
De son côté, le premier vice-gouverneur de la BCRG, Elhadj Mohamed Lamine Conté, a salué l’initiative des organisateurs et réaffirmé l’engagement de son institution.
« La Banque Centrale, sous le leadership du Dr Karamo Kaba, ne peut qu’encourager cette initiative privée. Elle devra l’accompagner en mettant en place un cadre réglementaire adapté pour que l’inclusion financière à travers la digitalisation soit effective en Guinée », a-t-il déclaré.
M. Conté a également dressé un état des lieux sans concession avant d’évoquer l’avenir, notamment porté par le mégaprojet Simandou :
« Nous avons l’un des taux de bancarisation et d’accès aux services financiers les plus faibles de la sous-région. Heureusement, grâce au Mobile Money, ce taux est en train de croître. Notre ambition est de parvenir à un taux d’accès aux services financiers de 60 %. Nous en avons les ressources humaines et financières, et nous en avons l’ambition. »
Le vice-gouverneur a conclu son intervention en mettant en avant Nimba Pay, la nouvelle solution d’interopérabilité du pays : « C’est une plateforme qui fédère et rend interopérables les différents systèmes des institutions financières au service des populations guinéennes. Il n’est plus question aujourd’hui de se déplacer avec de l’argent en espèces. »
L’ambassadeur du Rwanda en Guinée, Michel Minega Sebera, a quant à lui partagé les avancées spectaculaires du modèle rwandais, érigé en priorité nationale à travers la Vision 2050. Il a souligné que la présence de la délégation rwandaise visait à explorer des opportunités de partenariats : « Nous sommes ici pour explorer l’ensemble des voies de transformation financière inclusive et durable qui servent nos peuples et renforcent l’intégration africaine. »
La tribune a également donné la parole à des entrepreneurs locaux, à l’image d’Oumar Barry, cofondateur de BNB, qui est revenu sur son parcours pour encourager la jeunesse guinéenne à entreprendre.
Dans la foulée de cette cérémonie d’ouverture, les travaux ont débuté avec un premier panel de haut niveau axé sur « La prochaine frontière de croissance de la finance digitale en Guinée ».
Alors que les débats ne font que commencer, les attentes autour de cette édition sont particulièrement élevées. Le défi majeur de ces deux jours de travaux ne sera pas seulement de dresser un constat, mais bien de jeter les bases réglementaires et technologiques pour interconnecter les acteurs. Les recommandations issues de cette Guinea Fintech Week seront scrutées de près par le secteur privé et le régulateur, tous deux pressés de voir la Guinée franchir un cap décisif vers l’économie sans cash.
Ibrahima Soya









