Décidemment le paysage politique guinéen vient de connaître un nouveau tournant. Ce vendredi 6 novembre 2026, Mamadou Aliou Bah, figure majeure de l’opposition et président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), a officiellement recouvré sa liberté. Après avoir quitté le camp de gendarmerie de Sonfonia, le leader politique a pu regagner son domicile, mettant fin à près de deux ans de détention. Cette information a été confirmé par des responsables de sa formation politique auprès des médias locaux.
Arrêté en décembre 2024, Aliou Bah avait été condamné à une peine de deux ans de prison ferme sous le chef d’inculpation d’« offense au chef de l’État ». Sa détention prolongée avait suscité une vive émotion au sein de la classe politique locale et une forte mobilisation de la société civile. L’affaire avait pris une dimension régionale majeure lorsque la Cour de justice de la CEDEAO avait formellement ordonné sa libération immédiate.
L’élargissement de l’opposant est l’aboutissement d’un processus entamé au début du mois d’octobre 2026. À l’occasion des festivités de l’indépendance nationale, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, lui avait accordé une grâce présidentielle.
Cependant, cette mesure de clémence restait conditionnée à l’accomplissement d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion d’une durée obligatoire de 45 jours. Initialement entamé dans un camp militaire, ce stage a été marqué par des complications de santé : victime d’un malaise, Aliou Bah avait dû être transféré au camp de gendarmerie de Sonfonia pour y recevoir un suivi médical approprié et y purger les dernières semaines de sa peine.
Cette libération intervient dans un climat politique guinéen particulièrement scruté par les observateurs internationaux. Pour les partisans du MoDeL, le retour d’Aliou Bah à la vie civile représente un signal fort, bien que l’avenir immédiat de ses activités politiques reste suspendu aux modalités de sa réinsertion.
Cette mesure ne s’est pas limitée au seul président du MoDeL. En effet, cette vague de libérations a également concerné l’ensemble de ses codétenus qui avaient été transférés avec lui de la maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah pour des raisons de rénovation des infrastructures pénitentiaires. Ayant achevé le même parcours d’encadrement civique obligatoire, ces compagnons de fortune ont tous été élargis simultanément ce vendredi, marquant un signal de décrispation attendu par les familles et les organisations de défense des droits humains en Guinée.
Ibrahima Bah






