Les mesures prises par le gouvernement interdisant aux gérants des stations de ne pas servir les personnes détenteurs de bidons semblent avoir un impact sérieux sur les pêcheurs artisanaux. Après une semaine de patience sans activité, pêcheurs et vendeurs de poissons du port de Kaporo ont décidé de briser leur silence. Par manque de carburant, les piroguiers ont décidé de cesser toute activité. D’après le constat de nos reporters sur les lieux, plus d’une cinquantaine de pirogues sont immobilisés actuellement au bord des côtes atlantiques de Kaporo port. Ces piroguiers imputent la responsabilité à la ministre de la pêche, de l’aquaculture et de l’économie maritime,  Charlotte Daffé dans cette crise.

Port Kaporo

Selon eux, plusieurs demandes ont été formulées et adressées à la ministre Charlotte Daffé pour leur fournir du carburant. Soriba Camara alias Mimo, président de la jeunesse dudit port déclare ceci: « Si les autres peuvent emmener leurs engins jusqu’aux stations service, nous par contre, on ne peut pas. Si on pouvait emmener nos pirogues aux stations service pour qu’on soit servi, on allait être dans cette obligation. Mais, on ne peut pas. Donc nous, nous avons nos bidons qui sont spécifiques. C’est à dire qui ne ressemble pas aux autres bidons. Si nous partons dans ces stations pour nous servir, les forces de l’ordre nous chassent. On nous brutalise et endommage nos bidons. Donc, pour éviter tout cela, désormais nous avons décidé d’immobiliser nos pirogues jusqu’à ce que l’État prenne des dispositions. »

D’après les femmes vendeuses de poissons, la crise des produits aquatiques se fait sentir déjà dans le port. Bintou Soumah et Fatoumata Camara, sont respectivement vendeuses de poissons.

Bintou Soumah   » Depuis 3 heure du matin je suis là. Je n’ai pas encore gagné du poisson. Je n’ai rien vendu aujourd’hui. Et c’est si je vends, je gagne les dépenses pour la famille. C’est pourquoi demain (mercredi 3 janvier ) à partir de 10 heures, nous allons nous faire entendre. Pour que les autorités prennent des dispositions pour notre cas. Parce qu’on ne peut pas continuer comme ça, nous avons des familles à nourrir. On en a marre »

À Fatoumata Camara de renchérir,  » Même si moi je ne vais pas sortir, car les manifestations sont interdites actuellement, mais il faut que les autorités nous aident à avoir le carburant. »

De recherche en recherche, nous avons pu trouver sur lieux un des responsables du port de Kaporo. Il s’agit de M’Bemba Sylla chef adjoint du port qui a confirmé qu’aucun des responsables ne se trouveraient à leur bureau.

 « Nous avons été tous chassés de nos bureaux. Mon chef est actuellement au ministère de la pêche. Il est entrain de s’entretenir avec le département. Certainement d’ici sous peu de temps une solution sera sur table »

Ibrahima Foulamory Bah pour lecourrierdeconakry.com