Des femmes prennent d’assaut le gouvernorat de N’zérékoré, après des arrestations à Nionssomoridou

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Plusieurs femmes ressortissantes de Nionssomoridou, une sous-préfecture de Beyla  sont dans l’enceinte du gouvernorat de N’Zérékoré depuis  lundi soir à 22H. .

Tout est parti de la tentative d’arrestation ce lundi d’un de leurs parents par les agents de la gendarmerie mandatée par le procureur général près de la cour d’appel de Kanakan.

L’arrestation de ce vieux est relative à l’affaire dite de Nionssomoridou. Une affaire de moto qui avait opposé les membres du RPG Arc-en-ciel dans ce village faisant deux morts et des cases brulées en août 2015.

Ces femmes accompagnées de certains hommes  ont d’abord envahi la le tribunal de première instance de N’Zérékoré dans la soirée de ce lundi  avant de rallier le gouvernorat.

Selon une porte-parole, ce sit-in vise à interpeller les autorités sur cette arrestation qu’elles jugent arbitraire et dénoncer la situation qu’elles vivent depuis cet incident.

« Nous sommes là cette nuit pour dénoncer l’injustice dont nous sommes victimes. Peut-être toute la Guinée est informée des affrontements qui ont eu lieu à Nionssomoridou. Dans ces affrontements, c’est nous qui avons perdu notre frère en première position du nom de Mohamed Souaré avant que le camp adverse ne perde aussi l’un de leurs. Mais depuis cela jusqu’à nos jours, toutes les arrestations sont dans notre camp. Parmi nous, ils ont arrêté des femmes en ceinte, des nourrisses et même des vieux de plus 85 ans. On est resté dans ça, il y a eu le jugement à Kankan. Là-bas le verdict a été rendu et six de nos éléments ont été condamnés à des peines différentes. Un de ces prisonniers est décédé récemment en prisons. Il s’appelait Bangaly Souaré. Un homme qui n’était même pas mêlé à la politique. C’était un simple enseignant à l’école coranique. Mais malgré tout nous sommes restés calme. Car c’est le gouvernement qui nous  dirige tous et c’était la décision de celui-ci » a expliqué Mabana Souaré, porte parle des manifestantes.

sit in-femmes

Mais ce qui motive le sit-in  de cette nuit, selon Mabana, c’est que malgré ce verdict de la justice, les arrestations se poursuivent dans leur camp. La dernière tentative est celle qui s’est passée dans la journée de ce lundi. Des arrestations qu’elle qualifie d’arbitraire.

« Nous avons perdu notre maman, il y a sept jours. A cette occasion, nous avions organisé un sacrifice à son domicile ce lundi. C’est là-bas que nous sommes restés aujourd’hui, on a vu trois gendarmes munis  d’un mandat pour arrêter notre père El hadj Djiba Souaré et l’emmené à Kankan. C’est ainsi que nous les femmes, nous nous sommes opposées.  El hadji Djiba réside à N’Zérékoré ici, et il n’était pas au village au moment des affrontements. Ensuite il avait assisté au procès à Kankan, son nom n’avait pas été cité. Pourquoi ils vont venir l’arrêter » s’est-elle interrogée avec un ton ferme.

Poursuivant, elle ajoute qu’aucun de leurs membres ne sera désormais  arrêté. Elle indique qu’elle et ses amies sont prêtes à se sacrifier pour mettre fin à ces arrestations et obtenir la libération des restes des prisonniers.

Mamady 2 Camara, correspondant à N’Zérékoré

 

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