Après la tragédie survenue le 20 août dernier à Manéah, dans la préfecture de Coyah, qui a coûté la vie à près d’une vingtaine de personnes, fait plusieurs blessés et causé d’importants dégâts matériels, le gouvernement guinéen a organisé, ce vendredi 5 septembre 2025, une journée nationale de recueillement et de prières en hommage aux victimes de ce drame.
L’éboulement s’était produit dans la nuit du 20 août à Zacopé, dans la commune urbaine de Manéah.
La cérémonie s’est tenue à l’école militaire de Manéah, en présence du Premier ministre, Amadou Oury Bah, accompagné des membres de son gouvernement, des autorités locales, des chefs religieux, des familles des victimes ainsi que de nombreux citoyens mobilisés pour la circonstance.
Dans son intervention, le Premier ministre a exprimé la compassion du gouvernement à l’endroit des victimes et a réaffirmé l’engagement des autorités à soutenir les familles endeuillées. Il a également appelé à une prise de conscience collective face aux dangers liés à l’occupation des zones à risque. « Aujourd’hui, nous prions ensemble, nous nous recueillons ensemble, et nous promettons ensemble de ne jamais oublier. Le gouvernement s’engage à tirer toutes les leçons de ces événements, à accompagner les familles affectées et à mettre en œuvre des mesures concrètes pour protéger nos populations », a déclaré Amadou Oury Bah.
Parmi les témoignages bouleversants recueillis lors de la cérémonie, celui de Thierno Abdoulaye Baldé, un citoyen ayant perdu presque toute sa famille, a particulièrement ému l’assistance. « C’est ma première femme et mes six enfants qui sont décédés ensemble dans cette tragédie. Moi, j’étais au travail ce jour-là, j’ai passé la nuit sur mon lieu de travail. Dieu seul m’a sauvé, car j’aurais pu y rester aussi. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé tous les murs effondrés. J’ai entendu ma deuxième femme appeler à l’aide : “Aidez-nous, la maison est tombée sur nous !” Toute ma famille, c’est moi seul qui reste… »
Il explique ensuite, la voix tremblante, comment l’un de ses enfants, surpris par l’éboulement alors qu’il révisait au salon, a tenté de s’échapper avant d’être coincé sous un mur. « Le mur est tombé sur lui, de la hanche jusqu’aux pieds. Malgré l’arrivée rapide des voisins que j’avais appelés à l’aide, nous n’avons pas pu faire grand-chose. Ils ont d’abord coupé le courant avant de commencer le sauvetage. Cette nuit-là, cinq corps tous membres de ma famille ont été sortis des décombres… », a-t-il confié, profondément meurtri.
Foulamory Bah










