À l’occasion du lancement officiel des 16 jours d’activisme contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) par les autorités guinéennes à Conakry, la Directrice Exécutive de Malaff Guinée, Oumou Hawa Diallo, a accordé un entretien au site d’information Le Courrier de Conakry. Dans cette interview, l’activiste de la société civile revient sur la thématique de cette année et sur les enjeux de la lutte contre les VBG en Guinée. Lisez !
Cette année, la thématique des 16 jours d’activisme porte sur les violences numériques faites aux filles et aux femmes. En tant qu’activiste, qu’est-ce que ce thème vous inspire ?
D’abord, les 16 jours d’activisme représentent une période pour nous rappeler combien il est véritablement urgent d’agir contre les violences faites aux filles et aux femmes. C’est l’occasion, en tant qu’organisation de la société civile, de faire une rétrospection sur ce que nous avons réalisé.
Ainsi, sous le thème »Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux filles et aux femmes », nous soulignons l’urgence d’agir contre les violences numériques. De nos jours, cette forme de violence est peu connue du grand public. Beaucoup de personnes, en tant que jeunes filles, ne réalisent même pas que les violences numériques existent. Elles ne considèrent que les violences physiques et celles basées sur le genre, sans comprendre que les violences numériques constituent une violation des droits des jeunes filles de manière très spécifique. C’est donc un sujet qui doit être abordé. Aujourd’hui, les jeunes ne se sentent pas libres de s’exprimer. L’espace numérique n’est pas un lieu où les jeunes filles peuvent s’affirmer. Par conséquent, si cette année le thème se concentre sur les violences numériques, c’est que nous sommes tous conscients que c’est une thématique qui va être mis sur la table et en discuter : voir quelles sont les mesures préventives qui doivent être mises en place et des dispositions à prendre.
À ce jour, peut-on dire qu’il y a eu des avancées en Guinée dans la lutte contre les VBG ?
En termes d’avancées, je peux dire qu’il existe plusieurs organismes et que des mesures sont mises en place, notamment le service de protection des personnes vulnérables. Il y a également des textes de loi qui condamnent les violences basées sur le genre. C’est vrai, ce sont des avancées, mais il reste encore beaucoup à faire.
Comme quoi ?
Il y a des jeunes qui sont victimes. Le ministère de la Justice doit envisager de mettre en place des dispositions pour réduire la lenteur des procédures judiciaires. Aujourd’hui, une jeune fille peut être victime, et le bourreau présumé peut être arrêté, mais après un certain temps, on se retrouve avec la même personne. Cela signifie qu’il existe une défaillance au sein de l’appareil judiciaire. C’est une situation que nous déplorons en tant qu’activistes féministes pour les droits des jeunes filles. Nous appelons le ministère de la Promotion Féminine à coordonner les actions et à impliquer les organisations afin que nous puissions conjuguer les mêmes verbes pour mettre fin aux violences basées sur le genre.
Au niveau de Malaff Guinée, avez-vous des chiffres sur les violences subies par les filles et les femmes ?
Au sein de notre organisation, nous n’avons pas de chiffres spécifiques. En termes de statistiques, c’est à l’État de fournir ces données aux organisations. Actuellement, la dernière enquête date de 2018. En ce qui concerne les mutilations génitales féminines, nous sommes à 95 % et il y a plus de 200 filles victimes de viol en 2024, selon l’OPROGEM. Ces chiffres indiquent qu’il est alarmant e qu’il est urgent d’agir contre les violences faites aux filles et femmes.
Pendant ces 16 jours d’activisme, quelles sont les activités que vous en train de faire sur le terrain ?
Notre structure, Malaff Guinée, mène une campagne contre les violences numériques. L’objectif de cette campagne est d’informer les jeunes filles sur les inconvénients liés au numérique, mais aussi de leur faire comprendre que le fait de naviguer en ligne librement est un droit. Nous réalisons une campagne en ligne.
Propos recueillis par Ibrahima Soya










