Dans son message de nouvel an, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), Cellou Dalein Diallo, a adressé un message de Nouvel An aux Guinéens, dans un ton loin des traditionnels vœux de circonstance. Dans un contexte politique qu’il juge particulièrement critique, l’opposant a transformé cette adresse en un véritable manifeste politique, mêlant dénonciation, appel à la mobilisation et projection vers l’année 2026.
Dès l’entame de son discours, Cellou Dalein Diallo plante le décor d’une fin d’année marquée, selon lui, par une profonde crise démocratique et des violations répétées des droits humains. « L’année 2025 se termine dans un contexte critique qui marquera à jamais l’histoire de notre pays », affirme-t-il, estimant que la Guinée n’est plus « au bord du précipice », mais déjà « enfoncée par la violence et la tyrannie ». Un constat sévère qui donne le ton général de son message.
Le leader de l’UFDG consacre une large partie de son discours à la mémoire des victimes, évoquant les manifestants tués, les disparus et les personnes détenues. « Aucun de nos martyrs ne sera oublié », promet-il, assurant qu’« le moment venu, la République saura les honorer tous à la dimension des immenses sacrifices qu’ils auront consentis ». À travers ces propos, Cellou Dalein Diallo inscrit son message de Nouvel An dans une logique de mémoire et de justice, qu’il présente comme indissociables du combat politique.
S’il dresse un tableau sombre de la situation nationale, l’ancien Premier ministre s’efforce néanmoins de maintenir une perspective d’espoir. Selon lui, malgré la répression, la volonté populaire demeure intacte. « On peut confisquer un scrutin, mais on ne confisque pas une conscience. On peut détourner un résultat, mais on n’efface pas la volonté d’un peuple debout », soutient-il, en référence à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, qu’il qualifie de « coup d’État par les urnes ».
Dans cette adresse, Cellou Dalein Diallo présente l’année 2026 comme une continuité du combat pour la démocratie. « Le combat pour la démocratie est un combat de longue haleine », rappelle-t-il, tout en se disant convaincu que « les Guinéens n’ont jamais baissé les bras et ne les baisseront pas cette fois-ci non plus ». Il appelle ainsi à un rassemblement large, au-delà des clivages politiques, régionaux et religieux, face à ce qu’il décrit comme une logique de violence imposée par le pouvoir.
Une place centrale est accordée à la jeunesse, que Cellou Dalein Diallo invite à s’engager pleinement. « Vous avez le nombre puisque les moins de 35 ans représentent plus de 70 % de la population. Prenez conscience de votre force », lance-t-il, exhortant les jeunes à « occuper l’avant-scène du combat pour la démocratie et les libertés ». Pour lui, l’avenir du pays passe inévitablement par l’implication active de cette frange majoritaire de la population.
Ce n’est qu’à la fin de son discours que le président de l’UFDG revient aux vœux traditionnels, souhaitant à ses compatriotes « une année de bonne santé, de progrès et de réconfort ». Des vœux qui, sans effacer la gravité du propos, viennent conclure une adresse dominée par un message politique fort, où le Nouvel An apparaît moins comme une célébration que comme un point d’appui pour poursuivre la lutte démocratique en 2026.
Foulamory Bah










