Un grave accident de la circulation a endeuillé la matinée du samedi 31 janvier 2026 à Conakry. Le drame s’est produit aux environs de 7 heures, au niveau de la Cimenterie, non loin de l’école Solokouré, une zone fortement fréquentée aux heures de pointe. Le bilan est lourd : deux adolescentes ont perdu la vie et un enfant de 10 ans lutte pour sa survie.
Selon les informations recueillies sur place, les victimes tentaient de traverser la chaussée pour se rendre à l’école lorsque l’accident est survenu. Les deux jeunes filles décédées ont été identifiées comme Djeinab Kindy, âgée de 18 ans, et Fatoumata Binta Barry, 16 ans.
Très éprouvée, Idiatou Yero Barry, grande sœur des victimes, raconte les circonstances dans lesquelles elle a appris la nouvelle :
« J’étais sur le point de sortir pour me rendre à un mariage lorsque mon père m’a appelée du village pour m’informer que mes trois sœurs avaient eu un accident. Je me suis rendue immédiatement à l’hôpital. On m’a d’abord rassurée en me disant qu’elles étaient seulement blessées. Ce n’est qu’après l’arrivée de l’ambulance qu’on nous a annoncé que deux étaient décédées, et que la troisième était gravement blessée à la tête et aux pieds. »
Elle lance un appel pressant aux autorités :
« Nous demandons au gouvernement de prendre des mesures urgentes. Il y a trop d’accidents ici. C’est une voie très dangereuse. Quand une voiture te renverse, c’est toute une famille qui perd. »
Présent sur les lieux, Alpha Oumar Diallo revient sur le déroulement de l’accident :
« Elles étaient cinq au départ. Arrivées au niveau de Solokouré, elles ont commencé à traverser. À cet endroit, une seule voie est praticable. Un véhicule Magbana, qui tentait de dévier, a percuté trois des filles. L’une d’elles a violemment heurté le pare-brise. Le sang coulait de sa bouche, de son nez et de ses oreilles. »
Les victimes ont été transportées en urgence à l’hôpital avant d’être transférées à Enta. Deux d’entre elles ont succombé à leurs blessures. La troisième, grièvement blessée à la tête, est toujours hospitalisée.
Un enfant de 10 ans entre la vie et la mort
Un autre enfant, âgé de 10 ans, se trouvait également sur les lieux au moment de l’accident. Il a survécu, mais son état de santé est jugé très critique. Les secours sont rapidement intervenus, tandis que les forces de sécurité procédaient aux constats d’usage.
Pour Abou Tolno, membre du bureau du quartier de la Cimenterie, ce drame aurait pu être évité :
« Cela fait plusieurs mois que nous avons alerté les autorités. Nous avons sensibilisé les écoles, les fondateurs et les directeurs. Une décision avait été prise pour construire une passerelle au niveau de Solokouré afin de sécuriser la traversée des élèves. Le dossier a été transmis à la mairie de Tombolia puis à l’AGEROUTE. »
Il déplore la lenteur administrative face à l’urgence :
« Les conducteurs fuient souvent les contrôles routiers au carrefour de la Cimenterie et roulent à vive allure. Les enfants sont exposés. Sans mesures fortes, ces accidents vont continuer. »
Ce drame relance une fois de plus la problématique de la sécurité routière aux abords des établissements scolaires, particulièrement dans les zones à forte circulation. À noter que huit accidents ont déjà été enregistrés sur ce même trajet au cours de la seule semaine écoulée, selon les riverains.
Une situation alarmante qui interpelle autorités, usagers de la route et collectivités locales, face à l’urgence de protéger les vies les plus vulnérables.
M’Bamakan Diaby










